Les cours du soja ont atteint jeudi leur plus haut niveau depuis près de 17 mois à la Bourse de Chicago, portés par l’attente d’un rapport clé du département américain de l’Agriculture (USDA). Le contrat de janvier sur le soja a grimpé jusqu’à 11,50 dollars le boisseau, avant de se stabiliser à 11,45 dollars, tandis que le maïs, en hausse de 6 cents à 4,41 dollars, a franchi un sommet de quatre mois. Le blé, en revanche, a reculé à 5,34  dollars, sous l’effet d’une abondance attendue de l’offre mondiale.

Les marchés attendent le premier rapport complet de l’USDA sur l’offre et la demande mondiales depuis septembre, sa publication ayant été retardée par la fermeture partielle de l’administration fédérale. La réouverture des données d’exportation cette semaine, incluant les ventes du 25 septembre, ajoute à la volatilité. Les opérateurs anticipent une révision à la baisse des rendements : à 184 boisseaux par acre pour le maïs (contre 186,7 en septembre) et à 53,1 pour le soja (contre 53,5), selon une enquête Reuters.

La demande chinoise reste un facteur d’incertitude majeur. Pékin se serait engagé à acheter 12 millions de tonnes de soja américain pour novembre et décembre, dans le cadre d’une trêve commerciale conclue fin octobre. Cette possible reprise des achats nourrit les anticipations haussières, alors que plusieurs accords ont été signés pendant le shutdown. Pour les analystes, le rapport de vendredi permettra enfin d’avoir une lecture précise des récoltes et des engagements commerciaux.

Le marché du blé évolue à contre-courant, affaibli par une révision haussière des prévisions de récolte en Argentine. La Bourse des grains de Rosario table désormais sur une production record de 24,5 millions de tonnes pour la campagne 2025-2026, ce qui accentue la pression sur les prix mondiaux du blé.