Toutefois, ce responsable a souligné qu'aucune décision définitive n'avait été arrêtée.
Ajoutant à l'incertitude ambiante, une source a indiqué à Reuters que le vice-président JD Vance se trouvait toujours aux États-Unis, démentant les informations selon lesquelles il faisait déjà route vers Islamabad, la capitale pakistanaise, pour entamer les discussions.
Alors qu'un cessez-le-feu de deux semaines arrive à échéance, le haut responsable iranien a précisé que Téhéran examinait "favorablement" sa participation, bien que le processus de décision soit toujours en cours. Ces propos marquent un changement de ton manifeste par rapport aux déclarations précédentes qui excluaient toute présence et promettaient des représailles face à l'agression américaine.
Le responsable iranien a ajouté que le Pakistan, agissant en qualité de médiateur, déployait des efforts constructifs pour lever le blocus américain et garantir la participation de l'Iran.
PRÉPARATIFS DE SÉCURITÉ
La trêve semblait compromise après l'annonce par les États-Unis de la saisie d'un cargo iranien qui tentait de forcer le blocus, provoquant des menaces de rétorsion de la part de Téhéran.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré lundi que Washington avait prouvé son "manque de sérieux" dans la poursuite du processus diplomatique, affirmant que Téhéran ne reviendrait pas sur ses exigences.
Les États-Unis espéraient entamer les négociations au Pakistan peu avant l'expiration du cessez-le-feu, alors que d'importants dispositifs de sécurité sont déployés à Islamabad. Cependant, M. Baghaei a estimé que les États-Unis "s'obstinaient sur des positions déraisonnables et irréalistes".
Une source sécuritaire pakistanaise a rapporté que le médiateur clé d'Islamabad, le Field Marshal Asim Munir, avait signifié au président américain Donald Trump que le blocus constituait un frein aux discussions, et que ce dernier avait promis de prendre ce conseil en considération.
EXPIRATION IMMINENTE DU CESSEZ-LE-FEU
Donald Trump a annoncé le 7 avril un cessez-le-feu de deux semaines avec l'Iran, sans toutefois préciser l'heure exacte de son terme.
Une source pakistanaise impliquée dans les pourparlers a indiqué que la trêve expirerait mercredi à 20h00 (heure de l'Est), soit minuit GMT ou 03h30 jeudi en Iran.
Interrogé ce week-end sur l'éventualité d'une prolongation, Donald Trump a répondu : "Je ne sais pas. Peut-être pas. Peut-être que je ne le prolongerai pas. Mais le blocus, lui, sera maintenu."
Les États-Unis maintiennent leur blocus sur les ports iraniens, tandis que l'Iran a levé puis réimposé son propre blocus sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié.
Les cours du brut ont progressé d'environ 5%, les opérateurs redoutant une rupture du cessez-le-feu. Le trafic dans le détroit d'Ormuz est quasiment au point mort, avec seulement trois passages enregistrés en 12 heures, selon les données maritimes. [O/R]
LES MARINES AMÉRICAINS ABORDENT UN NAVIRE IRANIEN
L'armée américaine a déclaré avoir ouvert le feu dimanche sur un cargo battant pavillon iranien qui se dirigeait vers le port de Bandar Abbas, après un face-à-face de six heures, neutralisant ses moteurs. Le Commandement central des États-Unis a diffusé une vidéo montrant des Marines descendant en rappel depuis des hélicoptères sur le pont du navire.
Le bâtiment transportait probablement ce que Washington considère comme des biens à double usage susceptibles d'être utilisés à des fins militaires, ont indiqué lundi des sources de sécurité maritime.
L'armée iranienne a affirmé que le navire arrivait de Chine et a accusé les États-Unis de "piraterie armée", selon les médias d'Etat. Téhéran s'est dit prêt à affronter les forces américaines face à cette "agression flagrante", tout en précisant avoir été entravé par la présence des familles des membres d'équipage à bord.
La Chine, principal acheteur de brut iranien, a exprimé son inquiétude face à cette "interception forcée". Le président chinois Xi Jinping a appelé à une reprise normale du trafic maritime dans le détroit et à une résolution du conflit par les voies politiques et diplomatiques, a rapporté l'agence de presse officielle Xinhua.
Donald Trump a prévenu dimanche que les États-Unis détruiraient chaque pont et chaque centrale électrique en Iran si le pays rejetait ses conditions, poursuivant une rhétorique de menaces récurrentes.
L'Iran a répliqué qu'en cas d'attaque américaine contre ses infrastructures civiles, il frapperait les centrales électriques et les usines de dessalement de ses voisins arabes du Golfe.
PRÉPARATIFS POUR DES POURPARLERS INCERTAINS
Le Pakistan s'organise pour accueillir les discussions malgré l'incertitude pesant sur leur tenue effective. Près de 20 000 membres des forces de sécurité ont été déployés dans la capitale, Islamabad, selon des sources gouvernementales et sécuritaires.
Les alliés européens, régulièrement critiqués par Donald Trump pour leur manque de soutien à l'effort de guerre, craignent que l'équipe de négociation de Washington ne pousse vers un accord rapide et superficiel, qui nécessiterait des mois ou des années de négociations techniques complexes par la suite.
Des milliers de personnes ont péri dans les frappes américano-israéliennes en Iran et lors de l'invasion israélienne du Liban menée parallèlement depuis le début du conflit le 28 février, où une trêve est également en vigueur.
L'Iran a répondu à ces attaques par des tirs de missiles et de drones contre Israël et les pays arabes voisins abritant des bases américaines.


















