Les marchés mondiaux ont bondi mercredi, les places européennes atteignant des sommets historiques alors que le Congrès américain semblait sur le point de mettre fin au shutdown fédéral, ouvrant la voie à une dissipation de l'incertitude économique alimentée par l'absence de données récentes aux États-Unis.

La devise japonaise était également sous les projecteurs, sa chute à un plus bas de neuf mois face au dollar ayant suscité de nouveaux commentaires de la part des responsables politiques.

L'indice paneuropéen STOXX-600 et le FTSE 100 londonien ont tous deux atteint des records, portés par les valeurs bancaires, tandis que les contrats à terme américains annonçaient une ouverture positive à Wall Street et que le Nikkei japonais a clôturé en hausse de 0,4 %.

Des données sur l'emploi américain très attendues

La Chambre des représentants, contrôlée par les Républicains, doit voter plus tard dans la journée de mercredi sur un compromis visant à rétablir le financement des agences gouvernementales et à mettre fin au shutdown débuté le 1er octobre. Le Sénat, également à majorité républicaine, a approuvé l'accord lundi.

« Il y avait toujours un risque qu'en cas de prolongation du shutdown, la croissance soit affectée et que les données deviennent difficiles à interpréter », a déclaré Michael Metcalfe, responsable de la stratégie macroéconomique chez State Street.

« Le fait que nous ayons enfin franchi l'étape du shutdown soulage, car cela écarte le risque d'un ralentissement significatif de la croissance lié à la fermeture. »

Les chiffres de l'emploi américain, dont la publication a été retardée par le shutdown, sont particulièrement attendus, alors que les investisseurs évaluent la probabilité d'une nouvelle baisse des taux de la Réserve fédérale en décembre.

Selon les données hebdomadaires publiées mardi par ADP, les employeurs privés américains ont supprimé en moyenne 11 250 emplois par semaine au cours des quatre semaines se terminant le 25 octobre.

Les marchés estiment à environ 64 % la probabilité d'une baisse de 25 points de base des taux de la Fed en décembre.

« Pour que le rallye boursier se poursuive, les données doivent être suffisamment faibles pour inciter la Fed à baisser ses taux, mais pas trop pour ne pas alimenter les craintes de ralentissement », explique Metcalfe.

Au Japon, l'indice élargi Topix a progressé de plus de 1 % mercredi, atteignant un nouveau record. Le groupe SoftBank a toutefois fait exception, reculant de 3,5 % et portant sa perte mensuelle à environ 19 % après avoir annoncé la vente de l'intégralité de sa participation dans Nvidia mardi.

Malgré ce repli récent, le titre du principal investisseur technologique japonais a plus que doublé depuis le début de l'année.

La publication de résultats trimestriels solides par la banque néerlandaise ABN AMRO a contribué à la hausse de 0,6 % du STOXX 600, tandis que le FTSE a légèrement reculé après avoir inscrit un record.

Le yen sous surveillance

Le yen a chuté à un plus bas de neuf mois, autour de 154,91 pour un dollar. Cette faiblesse a suscité de nouvelles inquiétudes à Tokyo, la ministre des Finances Satsuki Katayama déclarant qu'elle ne niait pas que les aspects négatifs d'un yen faible sur l'économie étaient désormais plus prononcés que les aspects positifs.

La devise a perdu 0,9 % depuis le début de la semaine, affaiblie par l'appétit pour le risque nourri par l'optimisme entourant la fin du shutdown américain, ainsi que par les attentes d'une politique budgétaire plus généreuse sous la nouvelle Première ministre Sanae Takaichi.

« L'effet des interventions verbales n'est plus aussi significatif qu'auparavant », estime Mohamad Al-Saraf, stratégiste changes chez Danske Bank. « Pour que les autorités japonaises renforcent réellement le yen, il faudrait une intervention concrète, ce qui pourrait survenir dans les prochains mois. »

L'indice dollar, qui mesure le billet vert face à d'autres grandes devises, progressait de 0,1 % à 99,59, tandis que l'euro restait stable autour de 1,1572 dollar.

La livre sterling s'affichait en léger repli à 1,3123 dollar, tandis que les obligations d'État britanniques sous-performaient, la politique intérieure revenant sur le devant de la scène.

Le rendement des gilts britanniques à 30 ans progressait de 5 points de base à 5,22 % dans la journée, alors que les rendements des Treasuries américains étaient en baisse.

Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, a démenti mercredi toute manoeuvre visant à évincer Keir Starmer, après que des proches anonymes du Premier ministre ont confié à la presse craindre un coup de force à l'issue du budget du 26 novembre.

Les contrats à terme sur le Brent cédaient 55 cents, soit 0,8 %, à environ 64,61 dollars le baril après un gain de 1,7 % mardi. Le WTI américain reculait de 0,9 % à 60,48 dollars le baril.

L'or évoluait peu, autour de 4 126 dollars. [GOL/]