Le trafic maritime via le détroit d'Ormuz est resté globalement à l'arrêt ce mardi, avec seulement trois navires ayant emprunté la voie d'eau au cours des dernières 24 heures, selon les données de navigation.

Le blocus américain des ports iraniens a provoqué l'ire de Téhéran, incitant le régime à maintenir ses propres restrictions sur le détroit, qui achemine habituellement environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié.

Le chimiquier Ean Spir, dont le pavillon et le propriétaire ne sont pas identifiés, a franchi Ormuz mardi après avoir fait escale dans un port irakien, d'après les données de suivi de la plateforme MarineTraffic.

Le cargo Lian Star, également sans pavillon ni propriétaire connus, a aussi traversé le détroit en provenance d'un port iranien, indiquent les relevés.

Par ailleurs, le transporteur de gaz de pétrole liquéfié Meda, qui avait fait escale dans un port des Émirats arabes unis et dont l'appartenance reste inconnue, a traversé le détroit lundi. Il s'agissait de sa deuxième tentative pour quitter le Golfe après avoir fait demi-tour précédemment, selon l'analyse satellite des spécialistes de SynMax.

Ces mouvements ne représentent qu'une fraction des 140 navires qui transitaient quotidiennement avant le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran le 28 février.

Plus d'une douzaine de pétroliers avaient franchi le détroit après que l'Iran l'eut brièvement déclaré ouvert vendredi, avant que Téhéran n'annonce sa fermeture samedi, ouvrant le feu sur des navires.

"Même les navires qui semblent remplir les conditions théoriques pour un transit réussi à travers les deux blocus peuvent se retrouver en danger et dans l'incapacité de passer", a souligné le courtier maritime BRS dans une note cette semaine.

Un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran semblait compromis mardi, Téhéran ne s'engageant pas à participer à de nouveaux pourparlers de paix, tandis que l'armée américaine a déclaré avoir saisi un pétrolier lié à l'Iran dans les eaux internationales.

LA VIE DES MARINS EN PÉRIL

Des centaines de navires et 20 000 marins restent bloqués à l'intérieur du Golfe, incapables de prendre la mer.

"Nous ne pouvons pas mettre en péril la vie des marins", a déclaré Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'Organisation maritime internationale, aux journalistes en marge de la semaine maritime de Singapour ce mardi.

"Nous avons vu ce qui s'est passé le week-end dernier : vendredi, certains navires ont commencé à naviguer, puis il y a eu l'annonce de la fermeture du détroit, et certains bâtiments ont été visés. Heureusement, nous n'avons déploré aucune victime ni aucun dégât matériel."

L'armée iranienne a affirmé qu'un pétrolier iranien était entré dans ses eaux territoriales depuis la mer d'Arabie lundi avec l'aide de sa marine, malgré ce qu'elle a décrit comme des avertissements et des menaces répétés de la force navale américaine.

Le courtier BRS estime que 61 superpétroliers non liés à l'Iran sont actuellement piégés dans le Golfe, dont 50 sont chargés de cargaisons pouvant atteindre 2 millions de barils chacune.

"A une heure où le monde a désespérément besoin de pétrole brut, l'arrivée sur le marché de 2 millions de barils supplémentaires en provenance du Golfe serait accueillie avec soulagement", a conclu BRS.