L'Assemblée nationale du Venezuela, contrôlée par le parti au pouvoir, a approuvé jeudi une loi minière censée ouvrir le secteur aux capitaux privés et étrangers. Cette décision fait suite à l'assouplissement des restrictions imposées par les États-Unis afin de stimuler l'apport de capitaux extérieurs dans une économie en difficulté.

L'administration du président américain Donald Trump a soutenu une série de mesures prises par la présidente par intérim Delcy Rodriguez pour attirer les investisseurs et stabiliser le pays depuis le raid de janvier qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro. Donald Trump a félicité à plusieurs reprises Mme Rodriguez pour sa coopération avec les États-Unis.

La loi abroge les réglementations minières de 1999 et 2015 et autorise les entreprises ou consortiums nationaux, étrangers, publics et privés à exploiter l'or et les "minerais stratégiques". Les concessions seront accordées pour une durée maximale de 30 ans, renouvelable pour deux périodes supplémentaires de 10 ans chacune.

Les gisements miniers demeurent la propriété de l'Etat et les litiges pourront être résolus par voie d'arbitrage, selon le texte de loi. Ce dernier instaure également une redevance s'elevant jusqu'à 13% de la valeur de production brute du minerai, ainsi qu'une taxe allant jusqu'à 6% pour les sociétés exerçant des activités minières primaires. La banque centrale sera chargée des ventes d'or.

L'Assemblée nationale a adopté la loi à l'unanimité.

L'administration Trump s'est montrée optimiste quant à cette législation. Le secrétaire américain à l'Intérieur, Doug Burgum, a déclaré lors d'une visite en mars que celle-ci créerait des opportunités pour les entreprises et que Mme Rodriguez s'est engagée à garantir la sécurité des opérateurs miniers.

Delcy Rodriguez a réitéré ce message, affirmant le mois dernier que 120 investisseurs potentiels dans le secteur de l'énergie, principalement originaires des États-Unis, s'étaient rendus au Venezuela depuis sa prise de fonction et que les investisseurs bénéficieraient de garanties juridiques et sécuritaires.

Cette loi était attendue depuis longtemps, a déclaré un entrepreneur minier sollicitant des licences pour exporter des équipements et exploiter les gisements vénézuéliens, notamment les terres rares, qui restent largement inexplorées dans le pays.

"Les incitations pour l'industrie ne sont pas encore tout à fait au rendez-vous, et il est également nécessaire que les États-Unis accélèrent l'octroi des licences et des autorisations. S'ils veulent tirer parti de la dynamique créée par le conflit au Moyen-Orient, la réactivité est de mise", a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont délivré une licence autorisant certaines transactions portant sur l'or d'origine vénézuélienne ainsi qu'avec la société minière d'Etat Minerven et ses filiales, à condition que le droit américain régisse les contrats.

Le Venezuela doit des milliards de dollars à des conglomérats industriels, ainsi qu'à des compagnies pétrolières et minières suite aux vagues de nationalisations d'il y a deux décennies, notamment à Crystallex, Gold Reserve et Rusoro Mining.