La compagnie étatique pétrolière vénézuélienne PDVSA a commencé à inverser les réductions de production de pétrole mises en place sous un strict embargo pétrolier américain, alors que les exportations de brut reprennent sous supervision des États-Unis, ont indiqué mardi trois sources proches des opérations.
Les exportations de pétrole de ce membre de l'OPEP étaient tombées près de zéro dans les semaines ayant suivi l'imposition par les États-Unis d'un blocus sur les livraisons de pétrole en décembre, avec pour seule exception la major américaine Chevron, qui expédiait du brut issu de ses coentreprises avec PDVSA sous licence américaine.
L'embargo a laissé des millions de barils bloqués dans des réservoirs terrestres et sur des navires. Au fur et à mesure que les capacités de stockage étaient saturées, PDVSA a été contrainte de fermer des puits et d'ordonner des réductions de production dans les coentreprises du pays.
La compagnie d'État ordonne désormais aux coentreprises de relancer la production des groupes de puits qui avaient été fermés, alors qu'un troisième pétroliers a quitté les côtes vénézuéliennes mardi.
L'ambiance dans de nombreux bureaux et sites opérationnels de PDVSA a rapidement changé depuis que la société a annoncé progresser dans les négociations avec les États-Unis, lesquelles devraient apporter des investissements indispensables dans les champs pétroliers et les infrastructures, selon les sources.
Certains cadres de l'entreprise s'empressent d'organiser des réunions avec des responsables étrangers du secteur pétrolier au sujet de la production, des exportations, de l'approvisionnement électrique et des opportunités commerciales, tandis que d'autres sont mobilisés dans un audit interne ordonné par le conseil d'administration de la société après une cyberattaque le mois dernier qui a paralysé le système central de PDVSA.
La production totale de brut du Venezuela est tombée à environ 880 000 barils par jour (bpj) la semaine dernière, contre 1,16 million de bpj à la fin novembre, selon des données de cabinets de conseil qui suivent indépendamment la production pétrolière vénézuélienne.
La principale région pétrolière du pays, la ceinture de l'Orénoque, a vu sa production chuter à environ 410 000 bpj contre 675 000 bpj fin novembre, selon ces chiffres.
DÉPARTS DE SUPERTANKERS
Deux supertankers ont quitté les eaux vénézuéliennes tard lundi, transportant chacun environ 1,8 million de barils de brut, dans ce qui pourrait constituer les premiers envois d'un accord d'approvisionnement de 50 millions de barils entre Caracas et Washington visant à relancer les exportations après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis.
PDVSA n'a pas encore confirmé que l'accord d'approvisionnement de 50 millions de barils a été finalisé. La compagnie d'État avait travaillé à éviter des réductions de production plus profondes, qui pourraient être difficiles à inverser, les installations de production de certains champs étant délaissées faute d'entretien.
PDVSA et la Maison Blanche n'ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaire.
Les données de suivi des navires de LSEG montrent que les navires se dirigeaient mardi vers le nord depuis la côte vénézuélienne vers les Caraïbes, où de nombreuses sociétés pétrolières, dont des négociants, producteurs et raffineurs, louent des réservoirs de stockage. L'un des navires signalait le terminal de South Riding Point aux Bahamas comme destination.
AUDIT DE PDVSA
L'audit de PDVSA devrait poser les bases d'évaluations supplémentaires sur les plans à court terme et les investissements nécessaires pour relancer la production pétrolière, le raffinage, le stockage et la commercialisation. Cette étude pourrait déboucher sur des propositions de PDVSA dans le cadre du plan ambitieux de reconstruction de 100 milliards de dollars présenté par Donald Trump pour l'industrie pétrolière vénézuélienne, selon les sources.
PDVSA n'a pas totalement restauré ses systèmes après la cyberattaque qui a temporairement paralysé certaines activités de l'entreprise et l'a contrainte à ralentir les expéditions de pétrole ainsi que la distribution de carburant sur le territoire national, selon les sources.
Les maisons de négoce mondiales Trafigura et Vitol ont obtenu la semaine dernière des licences américaines pour négocier et commercialiser des cargaisons de pétrole vénézuélien, marquant un succès précoce dans la vive concurrence entre sociétés énergétiques pour sécuriser les barils vénézuéliens.
Les sociétés de négoce n'ont pas dévoilé le volume d'exportations auquel elles ont droit, mais des raffineurs aux États-Unis ainsi que dans des pays comme l'Inde et la Chine ont entamé des négociations pour acheter des cargaisons aux négociants ou via des appels d'offres qui restent à organiser.

















