Le groupe fondé en France il y a exactement cent ans, rappelons-le, voit non sans raison le cours de son titre stagner en 2026 exactement au même niveau que celui qu'il occupait deux décennies auparavant.

Plus récemment, en 2023 puis en 2025, nous exprimions - et les développements nous ont donné raison - un certain scepticisme par rapport tant à la valorisation du groupe qu'aux commentaires peut-être un brin trop enthousiastes de son directeur général Olivier Le Peuch.

Voir à ce sujet Schlumberger Limited : Espoirs déçus et Schlumberger s'estime sous-valorisé en bourse.

Héritier d'une longue tradition qui l'a souvent vu opérer sur divers marchés réputés difficiles - il y a presque un siècle, il travaillait déjà dans l'URSS de Staline - et sous d'autres cieux plus ou moins infréquentables - le groupe est toujours très actif en Russie - SLB fut aussi un pionnier au Venezuela, où il est actuellement partenaire de Chevron.

Comme en témoigne l'épatant rally boursier des derniers jours, l'affaire vénézuélienne est justement venue donner un coup de fouet inattendu à la capitalisation boursière du groupe, qui s'identifie désormais sous le nom autrement moins imprononçable de SLB. Ceci malgré un prix du brut en berne, qui décourage les investissements des majors et compresse les marges de leurs prestataires.

En sus, si le rapt de Maduro est un coup politique indéniable, les plans sur la comète de Donald Trump resteront sans doute lettre morte dans un secteur où les projets qui se chiffrent en dizaines de milliards de dollars d'investissements ne sont entrepris qu'une fois leur rentabilité bien assurée.

Dans ce contexte, les actionnaires des groupes pétroliers américains seront sans doute beaucoup moins aventureux que le fantasque président américain. Voir à ce sujet Pétrole vénézuélien : entre plans sur la comète et réalité du terrain.

Faut-il donc s'emballer sur l’affaire SLB ? Sans doute pas, car la contre-performance économique du groupe reste vive sur le long terme, avec une toujours pénible stagnation de son chiffre d'affaires et de son profit d'exploitation, y compris depuis l'acquisition de ChampionX pour 8 milliards de dollars.

Le groupe retourne certes aux alentours de 4 milliards de dollars par an à ses actionnaires, mais rapporté à une capitalisation boursière de 70 milliards de dollars et une valeur d'entreprise de 80 milliards de dollars, on peine à discnerner ici de valorisation particulièrement attractive.