Caracas (awp/afp) - Le Venezuela a annoncé mercredi préparer un plan de restructuration de sa gigantesque dette publique extérieure, une étape cruciale dans sa reconnexion avec le système financier international après des années de défauts de paiement sous le gouvernement du président déchu Nicolás Maduro.

En 2017, le pays a commencé à manquer à ses obligations sur des obligations émises par le géant public Petroleos de Venezuela (Pdvsa).

A partir de 2018, les sanctions américaines ont encore aggravé la situation.

Sous pression de Washington, la présidente par intérim Delcy Rodríguez qui a succédé à Maduro après sa capture par l'armée américaine le 3 janvier, a engagé, des réformes dans les secteurs pétrolier et minier pour favoriser les investissements privés, notamment étrangers.

Parallèlement, les États-Unis assouplit graduellement les sanctions, ouvrant la voie à une réincorporation de Caracas dans le monde financier international.

"Le Venezuela annonce aujourd'hui le lancement formel d'un processus global et ordonné de restructuration de la dette publique extérieure de la République et de PDVSA", a annoncé la vice-présidence économique sur les réseaux sociaux.

Le communiqué laconique ne donne pas de détails ni sur les montants ni sur les modalités mais souligne "Le Venezuela honorera ses engagements de manière durable".

Récemment, le département du Trésor américain a autorisé "certains services au gouvernement du Venezuela en lien avec une éventuelle restructuration", mais sans toutefois lever les restrictions sur les transactions portant sur des obligations de dette.

La Banque centrale du Venezuela ne publie plus de données officielles sur la dette publique extérieure depuis 2018, année où son montant s'élevait à près de 90 milliards de dollars. Des estimations privées l'évaluent à environ 150 milliards de dollars en y ajoutant notamment les créances d'organismes multilatéraux ou des sentences arbitrales liées à des expropriations.

Des experts soulignent que l'annonce est surtout symbolique, les conditions n'étant pas encore réunies pour entamer le processus.

"Le Venezuela ne dispose pas des capacités nécessaires pour entamer formellement le processus de renégociation de la dette, non seulement en raison des sanctions, mais aussi parce qu'il n'y a toujours pas de clarté sur le montant total de la dette publique", a déclaré à l'AFP l'avocat José Ignacio Hernandez.

L'expert précise que l'annonce de mercredi pourrait faciliter "un processus ordonné et consensuel de renégociation".

Le Venezuela a renoué en avril ses relations avec le Fonds monétaire international (FMI), un élément clé pour faciliter la négociation avec les créanciers.

afp/rp