Les marchés actions européens ont clôturé en nette baisse mardi, tirés vers le bas par la France où le gouvernement minoritaire apparaît de plus en plus menacé d'être renversé le mois prochain. Parallèlement, les interrogations croissantes sur l'indépendance de la Réserve fédérale américaine ont pesé sur l'appétit mondial pour le risque.

L'indice phare de la Bourse de Paris a reculé de 1,7 % et les obligations françaises ont trébuché, après que les trois principaux partis d'opposition ont annoncé qu'ils ne soutiendraient pas le vote de confiance prévu par le Premier ministre François Bayrou le 8 septembre, concernant son projet de coupes budgétaires drastiques.

Le précédent gouvernement, dirigé par Michel Barnier, avait déjà été renversé lors d'un vote de défiance en décembre, soulignant l'instabilité politique persistante dans la deuxième économie de la zone euro.

« Reste à savoir si l'effet domino sur les autres marchés européens, constaté plus tôt dans la journée, va perdurer », estime Axel Rudolph, analyste technique senior chez IG Group, ajoutant que les actions françaises devraient sous-performer à court terme.

Les banques françaises BNP Paribas et Société Générale ont chuté respectivement de 4,2 % et 6,8 %, cette dernière enregistrant sa pire séance en plus de quatre mois.

Ces valeurs ont pesé sur l'ensemble du secteur bancaire, principal frein à la performance du STOXX 600 paneuropéen, qui a signé sa plus forte baisse quotidienne depuis près d'un mois. Tous les grands indices régionaux ont également terminé dans le rouge.

L'ambiance a été encore assombrie par la décision du président américain Donald Trump, annoncée lundi, de limoger la gouverneure de la Fed Lisa Cook pour des soupçons d'irrégularités sur des prêts hypothécaires, ravivant les inquiétudes sur l'indépendance de la banque centrale américaine.

Cette initiative de Trump devrait se heurter à des obstacles juridiques, mais si elle aboutit, il pourrait proposer un nouveau membre au conseil de la Fed, après le remplacement de la gouverneure Adriana Kugler plus tôt ce mois-ci, dans un contexte de pressions répétées pour une baisse des taux d'intérêt.

Jamie Cox, associé-gérant chez Harris Financial Group, estime que Trump remodèle le conseil de la Fed de manière peu conventionnelle et a, pour l'instant, pris le contrôle de la fonction d'orientation prospective de l'institution, annonçant aux marchés que des baisses de taux sont à venir.

L'attitude plus conciliante affichée vendredi par Jerome Powell, président de la Fed, avait permis au STOXX 600 européen de frôler son record historique.

Parmi les autres valeurs, British American Tobacco a perdu 1,9 % après l'annonce du départ immédiat de sa directrice financière, Soraya Benchikh, qui occupait ce poste depuis environ 15 mois.

Bunzl a progressé de 5,1 %, signant sa meilleure séance en un an, après que le distributeur britannique de fournitures professionnelles a confirmé ses prévisions annuelles et relancé son programme de rachat d'actions.

Orsted a rebondi de 5,8 % après une chute de 16 % la veille, consécutive à la suspension par les États-Unis du projet Revolution Wind du groupe danois au large du Rhode Island.

Les marchés attendent désormais avec impatience les résultats trimestriels de Nvidia, attendus mercredi, considérés comme un baromètre clé de la vigueur du rallye de l'intelligence artificielle cette année.