Alors que les délégations de Téhéran et de Washington doivent se réunir au Pakistan samedi, l'Iran a déclaré vendredi que le dégel de ses avoirs et l'instauration d'un cessez-le-feu au Liban étaient des préalables indispensables à toute avancée des négociations de paix avec les États-Unis.
L'espoir d'une désescalade des hostilités au Moyen-Orient avait été ravivé jeudi par l'annonce d'Israël souhaitant ouvrir des discussions avec le Liban. L'Iran considère en effet la poursuite des frappes israéliennes comme un obstacle majeur à un accord de cessez-le-feu avec Washington. De leur côté, les États-Unis exigent que l'Iran rouvre le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de l'approvisionnement énergétique mondial.
Parallèlement, le dernier rapport sur l'inflation a révélé que les prix à la consommation aux États-Unis ont connu en mars leur plus forte hausse en près de quatre ans. Le conflit iranien a dopé les cours du brut et la répercussion des tarifs douaniers s'est maintenue, amenuisant davantage les chances d'une baisse des taux de la Réserve fédérale cette année.
Outre les craintes inflationnistes liées à la guerre, les investisseurs guettent également le coup d'envoi de la saison des résultats du premier trimestre la semaine prochaine, souligne Peter Tuz, président de Chase Investment Counsel à Charlottesville, en Virginie.
"Depuis le début du conflit, une pression supplémentaire s'exerce le vendredi en raison de l'incertitude sur les événements du week-end", explique M. Tuz. Il note également "une incertitude plus marquée qu'ordinaire concernant les publications à venir, tant sur les résultats financiers réels que, plus important encore, sur les perspectives des dirigeants dans de nombreux secteurs depuis le début de la guerre il y a un mois".
M. Tuz a toutefois jugé les résultats de TSMC 2330.TW encourageants pour le secteur des semi-conducteurs. Le premier fondeur mondial a fait part d'un bond de 35% de son chiffre d'affaires au premier trimestre, dépassant les prévisions grâce à la demande liée à l'intelligence artificielle.
Cette publication a soutenu le Nasdaq, à forte composante technologique, tandis que l'indice des semi-conducteurs de Philadelphie progressait de 2,7%.
À Wall Street, vers 14h56 EDT (18h56 GMT), le Dow Jones Industrial Average cédait 258,57 points, soit 0,54%, à 47 927,75 points, le S&P 500 perdait 9,15 points (0,14%) à 6 815,51 points, tandis que le Nasdaq Composite s'adjugeait 58,11 points (0,26%) à 22 880,53 points.
L'indice MSCI World progressait de 1,84 point, soit 0,18%, à 1 034,47 points.
Plus tôt, l'indice paneuropéen STOXX 600 avait clôturé en hausse de 0,37%.
Témoignant de la nervosité ambiante, l'indice de volatilité CBOE a effacé ses pertes initiales pour s'inscrire en légère hausse vendredi, après avoir clôturé jeudi sous ses niveaux d'avant-guerre pour la première fois. Il progressait de 0,34 point à 19,83.
En Asie, l'indice MSCI le plus large des actions d'Asie-Pacifique hors Japon a progressé de 0,9%, portant son gain hebdomadaire à 7,3%, sa meilleure performance depuis novembre 2022. Signe que le conflit au Moyen-Orient pèse sur les coûts de la deuxième économie mondiale, les prix à la production en Chine ont augmenté en mars pour la première fois en trois ans et demi.
Alors que le détroit d'Ormuz reste largement fermé au trafic maritime et que les inquiétudes persistent sur l'offre saoudienne, les contrats à terme sur le pétrole ont clôturé en légère baisse après une séance volatile. Les données de suivi du trafic ont montré vendredi que la majorité des navires ayant franchi le détroit ces dernières 24 heures étaient liés à l'Iran.
Le brut léger américain (WTI) a fini en baisse de 1,33%, soit 1,30 dollar, à 96,57 dollars le baril, et le Brent a terminé à 95,20 dollars, en repli de 0,75% ou 72 cents sur la journée.
Sur le marché des changes, le dollar a fléchi vendredi, s'orientant vers sa plus forte baisse hebdomadaire depuis janvier. Les investisseurs se sont délestés des actifs refuges, pariant sur une reprise du transport pétrolier si un cessez-le-feu se concrétise dans le Golfe.
L'indice dollar, qui mesure le billet vert face à un panier de devises incluant le yen et l'euro, a reculé de 0,22% à 98,66, l'euro progressant de 0,26% à 1,1729 dollar.
Toutefois, face au yen japonais, le dollar s'est raffermi de 0,19% à 159,24.
Du côté des obligations du Trésor américain, les rendements se sont légèrement tendus après les chiffres de l'inflation et avant les pourparlers de paix.
Le rendement des notes à 10 ans, référence du marché, a progressé de 2,4 points de base à 4,317%, contre 4,293% jeudi soir, tandis que celui de l'obligation à 30 ans a pris 1,6 point de base à 4,9142%.
Le rendement à 2 ans, qui suit généralement les anticipations de taux de la Fed, a grimpé de 2,1 points de base à 3,804%, contre 3,783% la veille.
Enfin, concernant les métaux précieux, l'or au comptant a progressé de 0,05% à 4 765,93 dollars l'once, tandis que l'argent a bondi de 1,64% à 76,31 dollars l'once.




















