(Alliance News) - La Bourse de Londres a ouvert en baisse lundi, alors que de nouvelles frappes entre les États-Unis et l'Iran ont inquiété les investisseurs et jeté le doute sur la pérennité d'un cessez-le-feu fragile.
L'indice FTSE 100 a débuté la séance en repli de 28,73 points, soit 0,3%, à 10 380,55 points. Le FTSE 250 perdait 25,83 points, soit 0,1%, à 23 399,29 points, tandis que l'AIM All-Share reculait légèrement de 0,31 point à 820,94 points.
Le Cboe UK 100 cédait 0,3% à 1 032,22 points, le Cboe UK 250 perdait 0,6% à 20 180,57 points, et le Cboe Small Companies s'effritait de 0,1% à 18 781,23 points.
Sur les places européennes lundi, le CAC 40 à Paris affichait une légère progression, tandis que le DAX 40 à Francfort était en repli marginal.
Les tensions géopolitiques sont restées au premier plan. Les États-Unis et l'Iran ont échangé de nouvelles frappes au cours du week-end, mettant à l'épreuve la fragilité de la trêve et les négociations en cours pour mettre fin au conflit.
Malgré le cessez-le-feu, Washington a confirmé avoir frappé l'Iran en réponse à ce qu'il a qualifié d' 'actions iraniennes agressives', tandis que les Gardiens de la Révolution iraniens ont visé une base aérienne en guise de représailles.
Bien que les précédents échanges n'aient pas dégénéré en guerre totale, ces nouvelles attaques font douter de la solidité des efforts diplomatiques.
Durant le week-end, le président américain Donald Trump s'est réuni en 'Situation Room' pour prendre ce qu'il a décrit comme une 'décision finale' sur le conflit iranien. Il a par la suite affirmé que les Démocrates et les 'Républicains antipatriotiques' sapaient sa position de négociation, réitérant que l'Iran 'veut vraiment conclure un accord'.
Avant ce dernier regain de tension, Washington et Téhéran semblaient se rapprocher d'un cadre préliminaire. Un accord potentiel prévoyait la réouverture du détroit d'Ormuz et la fin du blocus naval américain dans le cadre d'une extension de 60 jours du cessez-le-feu, offrant ainsi plus de temps aux deux parties pour aborder les questions litigieuses telles que le programme nucléaire iranien et les sanctions américaines.
Le baril de Brent s'echangeait à 94,00 USD lundi matin, en hausse par rapport aux 91,62 USD de vendredi soir, ce qui a soutenu les valeurs énergétiques.
La livre sterling s'affichait à 1,3462 USD lundi matin, en léger repli par rapport aux 1,3479 USD à la clôture des bourses londoniennes vendredi. Face à la monnaie unique, la livre a progressé à 1,1548 EUR contre 1,1543 EUR. L'euro s'echangeait à 1,1657 USD, contre 1,1680 USD. Face au yen, le dollar cotait 159,47 JPY, en hausse par rapport à 159,15 JPY.
Au Royaume-Uni, les données de la Nationwide Building Society ont montré que la croissance annuelle des prix de l'immobilier a ralenti à 1,7% en mai, contre 3,0% en avril.
Les prix de l'immobilier ont reculé de 0,6% sur un mois, effaçant une hausse de 0,4% et marquant le premier repli mensuel de l'année 2026. Le prix moyen d'un logement au Royaume-Uni est tombé à 278 024 GBP contre 278 880 GBP.
Robert Gardner, économiste en chef, a déclaré que la dynamique du marché immobilier s'est affaiblie face à l'incertitude causée par le conflit au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix de l'énergie et les taux d'intérêt du marché.
Il a toutefois ajouté que l'accessibilité au logement s'est améliorée ces dernières années, la croissance des revenus ayant dépassé celle des prix de l'immobilier, tandis que les taux hypothécaires restent inférieurs à leurs sommets de 2023, suggérant que tout ralentissement à court terme pourrait s'avérer temporaire si les prix de l'énergie et les conditions de marché se stabilisent.
Au sein du FTSE 100, les valeurs énergétiques figuraient parmi les principaux contributeurs positifs, portées par la fermeté des cours du brut. Shell a progressé de 1,2% et BP a gagné 0,8%.
Ces gains ont été partiellement compensés par la faiblesse des sociétés minières, les prix des métaux s'inscrivant en baisse. Fresnillo a accusé le plus fort repli avec -3,0%, suivi par Endeavour Mining à -2,8%.
Les valeurs de la défense étaient également sous pression, Babcock cédant 2,9% et BAE Systems 2,4%.
Sur le FTSE 250, easyJet a bondi de 12% après avoir déclaré n'avoir été approchée par aucun investisseur, ni avoir tenu de discussions avec Castlelake LP, suite à la révélation par ce dernier qu'il envisageait une éventuelle offre de rachat. Castlelake a indiqué détenir une participation de 2,14% dans easyJet et, selon les règles britanniques sur les OPA, toute offre devrait se situer à un minimum de 403,23 pence par action. Le fonds doit annoncer une intention ferme de déposer une offre ou se retirer d'ici le 26 juin.
easyJet a qualifié le calendrier de cette annonce de 'hautement opportuniste', arguant que le cours de son action a été temporairement déprimé par le conflit au Moyen-Orient et la hausse des prix du kérosène. La compagnie a souligné qu'avant le déclenchement du conflit iranien le 28 février, ses actions avaient clôturé à 464,00p le 27 février.
Bluefield Solar Income Fund s'est envolé de 16% après que Drax Group (+0,6%) a accepté de racheter le fonds pour un montant de 755 millions USD.
Toujours sur le FTSE 250, Applied Nutrition a grimpé de 12% après avoir relevé ses prévisions, annoncé une acquisition aux États-Unis et dévoilé un accord de licence.
En queue d'indice, Me Group International a chuté de 21% après avoir fait part d'un ralentissement de son activité en avril, particulièrement dans ses divisions de photomatons et de blanchisserie en France. La société a attribué cette faiblesse à la baisse de confiance des consommateurs et aux changements dans les habitudes de consommation liés au conflit au Moyen-Orient.
Bien que l'activité se soit améliorée en mai, le groupe ne s'attend pas à une normalisation des conditions tant que le conflit et l'incertitude macroéconomique globale persisteront. Il table désormais sur un bénéfice avant impôts annuel compris entre 69 et 74 millions GBP.
Parmi les petites capitalisations, Proteome Sciences a bondi de 31% après l'annonce du départ de son directeur scientifique, Ian Pike, dimanche dernier.
RentGuarantor Holdings a progressé de 16% après avoir publié un chiffre d'affaires d'environ 2 millions GBP pour les cinq premiers mois de 2026, contre 780 000 GBP un an plus tôt, et a déclaré s'attendre à ce que la dynamique de croissance se poursuive au second semestre.
En Asie lundi, le Nikkei 225 à Tokyo a clôturé en hausse de 0,9%. Le Shanghai Composite a reculé de 0,3%, tandis que le Hang Seng à Hong Kong a progressé de 0,8%. Le S&P/ASX 200 à Sydney a fini en léger repli.
Aux États-Unis vendredi, Wall Street a terminé dans le vert, le Dow Jones Industrial Average gagnant 0,7%, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont chacun progressé de 0,2%.
Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans s'affichait à 4,47%, contre 4,43%. Le rendement à 30 ans s'est établi à 4,99%, contre 4,97%.
L'or cotait 4 496,50 USD l'once lundi matin, en baisse par rapport aux 4 584,74 USD de vendredi.
Le calendrier économique de lundi reste chargé avec une série d'indices PMI manufacturiers attendus en Espagne, en Suisse, en France, en Allemagne, dans la zone euro, au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis. Les chiffres du chômage en zone euro et l'indice PMI manufacturier de l'ISM aux États-Unis sont également au programme.
Par Eva Castanedo, journaliste Alliance News
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