Alors que la guerre en Iran monopolise l’attention, les équipes de la Maison Blanche ont improvisé lundi une petite mise en scène pour promouvoir les baisses d’impôts de Donald Trump. Une femme vêtue d'un t-shirt rouge "DoorDash Grandma", Sharon Simmons, originaire de l'Arkansas, est venue frapper à la porte du Bureau Ovale pour livrer à Donald Trump en personne sa commande McDonald’s. S’en est suivi un échange sur les bénéfices des baisses d’impôts de Donald Trump. Mme Simmons a déclaré avoir économisé 11 000 dollars grâce à ces mesures.
Nous sommes actuellement en pleine tax season aux Etats-Unis. C’est donc la période où les Américains devraient constater les effets des baisses d’impôts de Donald Trump. Concrètement, cela se traduit par des remboursements d’impôts plus élevés. Selon les données de l’IRS (l’administration fiscale américaine), le remboursement d’impôts moyen s’élève à ce stade à 3 462 dollars, contre 3 116 dollars un an plus tôt.
Ces cadeaux fiscaux sont issus du One Big Beautiful Bill, voté en juillet dernier, par le Congrès. Une loi qui prévoit des baisses d’impôts sur les pourboires, les retraites de la Sécurité sociale, les heures supplémentaires, les intérêts des prêts automobiles et les taxes locales.
Les baisses d’impôts passent à la pompe
Mais la séquence en elle-même illustre la difficulté de cette administration et du président Trump à recentrer le message sur ses réalisations économiques. La scène dure 15 minutes et Donald Trump parle autant de l’Iran, du pape et des hommes dans les sports féminins que des baisses d’impôts.
Depuis le début de la guerre en Iran, c’est la hausse des prix à la pompe qui s’est imposée comme le principal sujet de préoccupation pour les Américains. Le prix moyen de l’essence aux Etats-Unis a dépassé les 4 dollars, contre moins de 3 dollars avant le début du conflit.
Une hausse des prix de l’énergie qui pourrait en partie effacer les bénéfices des baisses d’impôts. Selon les économistes de la Fed de Saint-Louis, la hausse des prix du carburant pourrait coûter aux consommateurs l'équivalent de 10% à 50% des allégements fiscaux décidés par Donald Trump, et ce pour chaque trimestre où les prix de l'essence se maintiennent aux niveaux actuels.
Dimanche, sur Fox News, Donald Trump a concédé que les prix de l'essence aux Etats-Unis pourraient rester élevés jusqu'aux élections de mi-mandat en novembre. En effet, il faudra du temps pour relancer la production au Moyen-Orient, réparer les infrastructures endommagées et donc retrouver le niveau d’approvisionnement précédant le conflit en Iran.
Rien d’autre en magasin
Dans les sondages, la cote de popularité du président Trump continue de s’éroder alors que la guerre en Iran est très impopulaire. Ses conséquences ne font que renforcer la première préoccupation des Américains : l’affordability (le coût de la vie). Et ce alors que Donald Trump a été élu en 2024 en dénonçant "l’inflation de Biden".
Le manque de résultats de Donald Trump sur ce front avait déjà précipité sa baisse dans les sondages et la défaite des Républicains lors de plusieurs scrutins locaux, en fin d’année dernière. Le président américain avait alors initié une série de déplacements visant à mettre en avant ses réalisations économiques.
"J’ai peut-être une mauvaise équipe de relations publiques, mais nous n’arrivons pas à faire passer le message", avait admis Donald Trump le 20 janvier, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.
Pour les Républicains, c’est d’autant plus important de mettre en avant les baisses d’impôts que c’est sans doute la seule cartouche de Donald Trump pour les midterms. Dans un article de Politico, un élu républicain de la Chambre des représentants le résume ainsi : "c’est tout ce qu’on a pour la campagne".

























