L'essentiel des marchés américains et mondiaux aujourd'hui

Par Anna Szymanski, rédactrice en chef, Reuters Open Interest

Le rallye boursier mondial déclenché par l'accord préliminaire entre les États-Unis et l'Iran a semblé marquer le pas mardi. Les marchés attendent davantage de précisions sur les termes de l'accord et guettent des signes d'une reprise significative du trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz.

L'attention s'est également portée sur les banques centrales ce mardi, alors que la Banque de réserve d'Australie (RBA) et la Banque du Japon (BOJ) ont ouvert un calendrier hebdomadaire chargé pour les responsables de la politique monétaire. La BOJ a procédé à un relèvement de taux d'un quart de point, comme prévu, pour le porter à 1 %, un sommet en 31 ans.

Je reviendrai sur ces points et d'autres sujets ci-dessous.

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LES BANQUES CENTRALES ENTRENT EN SCÈNE

Malgré les déclarations du président Donald Trump lundi affirmant que les pétroliers quittaient le détroit d'Ormuz, aucune traversée significative n'était visible dans les données de suivi des navires lundi — bien que des bâtiments continuent de circuler le long des côtes d'Oman sous la surveillance de l'U.S. Navy.

Le baril de Brent a poursuivi son repli mardi, après avoir chuté d'environ 5 % lundi, tout en se maintenant au-dessus des 80 dollars. Parallèlement, les actions mondiales ont accentué leurs gains, les principaux indices asiatiques progressant légèrement tandis que les bourses européennes ont ouvert en hausse. Les contrats à terme sur Wall Street étaient globalement stables avant l'ouverture.

Il est encore tôt, et Donald Trump a indiqué lundi que le texte de l'accord serait publié après sa signature formelle vendredi. Dans le même temps, les combats entre Israël et le Hezbollah au Liban ont diminué d'intensité lundi.

Concernant les banques centrales, la hausse de taux attendue de la BOJ à 1 % marque une nouvelle étape dans la normalisation de la politique monétaire du pays. L'institution cherche à freiner les pressions inflationnistes exacerbées par le choc énergétique lié à la guerre avec l'Iran. S'exprimant mardi, le gouverneur adjoint de la BOJ, Shinichi Uchida, a salué le mémorandum américano-iranien, tout en soulignant l'incertitude quant au « rythme d'amélioration » des flux pétroliers.

Cette décision, largement anticipée, a eu peu d'impact sur le yen, qui est resté proche du seuil de 160 pour un dollar. Toute nouvelle faiblesse à partir de ce niveau pourrait déclencher une nouvelle intervention du gouvernement pour soutenir la devise.

De son côté, la Banque de réserve d'Australie a maintenu ses taux inchangés à 4,35 %, mettant en avant le ralentissement de l'économie, tout en avertissant que l'inflation demeurait trop élevée, ce qui pourrait encore justifier une hausse future.

Si la Réserve fédérale (Fed) et la Banque d'Angleterre (BoE) devraient laisser leurs taux inchangés lors de leurs réunions respectives de mercredi et jeudi, leur discours sera scruté de près. Les investisseurs cherchent à évaluer comment la perspective d'une résolution du conflit iranien pourrait influencer leurs trajectoires monétaires.

Sur le front technologique, SpaceX, la société d'Elon Musk, a poursuivi son ascension fulgurante après son introduction en bourse (IPO) massive de vendredi dernier, bondissant de plus de 19 % lundi. Ses mouvements lors des échanges d'avant-séance la placent en position de devenir la cinquième plus grande entreprise mondiale, dépassant Amazon et ses 2 700 milliards de dollars de capitalisation.

Il est à noter que plus de 1,16 milliard de dollars d'actions SpaceX avaient déjà été échangés tôt ce matin. C'est plusieurs fois le volume de transactions cumulé de Nvidia, Microsoft, Tesla et Apple sur la même période.

Par ailleurs, Nvidia a annoncé lundi une émission obligataire de 25 milliards de dollars aux États-Unis, sa première sollicitation des marchés de la dette depuis 2021. Si cette levée de fonds fait du fabricant de puces le dernier poids lourd de la tech en date à mobiliser des liquidités en plein essor de l'intelligence artificielle (IA), le catalyseur ne semble pas être un besoin de financement d'investissements (capex), mais plutôt la volonté d'établir une référence liquide pour son coût du crédit.

Enfin, le G7 se réunit actuellement à Évian-les-Bains, en France, pour discuter de la guerre, des déséquilibres économiques mondiaux et de l'essor rapide de l'IA.

Le graphique du jour

Environ 24 % des Américains approuvent actuellement la gestion du coût de la vie par le président Trump, contre 22 % une semaine plus tôt et 20 % il y a un mois. La part de ceux qui désapprouvent est tombée à 69 % dans le dernier sondage Reuters/Ipsos, contre 73 % un mois auparavant.

Ce sondage réalisé sur quatre jours a recueilli des réponses avant et après l'annonce par Donald Trump, dimanche, d'un accord avec les dirigeants iraniens pour mettre fin à la guerre qui avait fait bondir les prix de l'essence.

Les événements à suivre aujourd'hui

o Mises en chantier de logements aux États-Unis en mai (14h30 heure de Paris), prix à l'importation en mai (14h30 heure de Paris)

o Adjudication de bons du Trésor américain à 20 ans (19h00 heure de Paris)

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