La Réserve fédérale américaine s'est réalignée sur les autres grands décideurs monétaires après avoir abaissé ses taux d'un quart de point mercredi, tout en rejetant l'idée, selon les marchés, qu'elle poursuivrait dans cette voie. L'incertitude liée à la fermeture partielle du gouvernement à Washington obscurcit en effet ses perspectives économiques.
La Banque du Japon et la Banque centrale européenne ont, de leur côté, laissé leurs taux inchangés jeudi.
Voici la position de dix grandes banques centrales après leur dernière série de réunions :
1/ SUISSE
La Banque nationale suisse a abaissé son taux directeur à 0 % en juin et devrait maintenir ce niveau, les marchés anticipant une longue pause. Dans la première publication de ses comptes rendus détaillant ses discussions sur la politique monétaire, la BNS a mis fin aux spéculations sur un retour à des taux négatifs pour empêcher le franc fort de plonger l'économie atone dans la déflation.
2/ CANADA
La Banque du Canada, confrontée à un ralentissement économique aggravé par les droits de douane américains et l'impact inflationniste de la guerre commerciale, a abaissé ses taux à 2,25 % mercredi, leur niveau le plus bas depuis plus de trois ans.
Elle a également signalé clairement que l'assouplissement s'arrêtait là, et les marchés estiment à plus de 60 % la probabilité que la banque centrale canadienne maintienne ses taux jusqu'en décembre 2026.
3/ SUÈDE
La Riksbank de Suède se réunira la semaine prochaine, après avoir abaissé ses taux à 1,75 % en septembre et affirmé que l'inflation élevée devrait rester transitoire.
Les marchés monétaires n'anticipent qu'une probabilité inférieure à 20 % d'une nouvelle baisse avant 2026, l'inflation intérieure restant persistante. Cette situation a renforcé la couronne suédoise, qui a progressé de 15 % face au dollar depuis le début de l'année.
4/ NOUVELLE-ZÉLANDE
La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande a abaissé ses taux de 50 points de base, à 2,5 % ce mois-ci, pour soutenir une économie fragile.
Les marchés estiment probable une nouvelle baisse fin novembre, même si l'inflation, qui se situe en haut de la fourchette cible de 1-3 % de la banque centrale, pourrait compliquer la donne.
5/ ZONE EURO
La BCE a, jeudi, répondu aux attentes des marchés en maintenant le taux de dépôt principal de la zone euro à 2 % pour la troisième réunion consécutive.
Les opérateurs considèrent que le cycle d'assouplissement de la BCE touche à sa fin, avec moins de 50 % de chances d'une nouvelle baisse d'ici juillet 2026.
6/ ÉTATS-UNIS
La Fed a procédé mercredi à une baisse de 25 points de base, largement anticipée, tout en repoussant les attentes de nouvelles baisses, invoquant les lacunes statistiques causées par la fermeture du gouvernement américain, qui brouillent ses prévisions.
« Quand on conduit dans le brouillard, on ralentit », a résumé le président Jerome Powell lors de sa conférence de presse.
Cette décision a suscité des désaccords parmi les membres du comité : Stephen Miran a une nouvelle fois plaidé pour une réduction plus marquée, tandis que Jeffrey Schmid, président de la Fed de Kansas City, a préféré ne pas toucher aux taux, l'inflation restant supérieure à la cible.
Les marchés évaluent désormais à 70 % la probabilité d'une nouvelle baisse de 25 points de base en décembre, contre 84 % avant la décision de mercredi.
7/ ROYAUME-UNI
La Banque d'Angleterre, autre grand acteur monétaire, affiche également une grande prudence, ayant laissé ses taux inchangés lors de sa dernière réunion et estimant que les risques d'inflation demeurent élevés.
Les marchés anticipent un maintien des taux le 6 novembre, mais évaluent à 60 % la probabilité d'une baisse en décembre, après une inflation britannique supérieure à la cible mais stable en septembre.
8/ AUSTRALIE
La Banque de réserve d'Australie a abaissé ses taux de 75 points de base depuis février, mais une inflation supérieure aux attentes l'a incitée à faire une pause et à adopter un ton plus restrictif en septembre.
Cette tendance se poursuit, repoussant au moins à février 2026 l'éventualité d'une nouvelle baisse.
9/ NORVÈGE
La banque centrale norvégienne a réduit ses taux de 25 points de base à 4 % en septembre, mais a indiqué que d'autres baisses étaient peu probables, l'inflation sous-jacente étant en hausse. Cela a soutenu la couronne norvégienne, qui s'est appréciée de 12 % face au dollar depuis le début de l'année.
10/ JAPON
La Banque du Japon, seule banque centrale encore en phase de relèvement, a maintenu ses taux inchangés jeudi, tout en réitérant son engagement à poursuivre le resserrement si l'économie évolue comme prévu, reportant ainsi l'attention des investisseurs sur la réunion de décembre.
Le yen s'est affaibli après cette annonce.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a appelé cette semaine à une accélération des hausses de taux de la BoJ, afin d'éviter un affaiblissement excessif de la devise japonaise.


















