Les marchés asiatiques ont emboîté le pas à Wall Street mercredi, alors que les perspectives d'une reprise du dialogue entre Washington et Téhéran ont maintenu les cours du pétrole sous la barre des 100 dollars le baril, tandis que le dollar s'est stabilisé après sept séances consécutives de repli.

Toutefois, les places européennes s'apprêtaient à ouvrir sur une note plus prudente, les contrats à terme sur l'indice paneuropéen reculant de 0,2 %, tandis que ceux du FTSE restaient quasi inchangés. Les futures sur les indices américains faisaient preuve de stabilité après le net rebond enregistré mardi.

Le président Donald Trump a déclaré que les discussions avec l'Iran pourraient reprendre au Pakistan d'ici deux jours, après que l'échec des négociations du week-end a poussé Washington à imposer un blocus sur les ports iraniens. Des responsables pakistanais et iraniens ont également confirmé l'éventualité d'une reprise des négociations.

Ces signes d'un maintien de l'engagement diplomatique ont contribué à apaiser les marchés. Le contrat à terme sur le Brent a rebondi de 1 % à 95,77 dollars le baril, après avoir chuté de près de 5 % la veille pour s'échanger sous le seuil des 100 dollars.

Les investisseurs en actions ont salué la nouvelle : l'indice MSCI le plus large des actions d'Asie-Pacifique hors Japon a progressé de 1,5 %, atteignant son plus haut niveau en six semaines. Le Nikkei japonais a grimpé de 0,9 %, tandis que le KOSPI sud-coréen s'est adjugé 3 %.

En Chine, les valeurs de premier plan ont progressé de 0,2 % et l'indice Hang Seng de Hong Kong a gagné 0,7 %.

"Il semble assez clair à ce stade qu'aucune des deux parties ne cherche une escalade militaire supplémentaire, et il devient de plus en plus évident que le blocus américain du détroit d'Ormuz est une manœuvre de négociation", a déclaré Michael Brown, stratège de recherche senior chez le courtier Pepperstone.

"La tendance de fond reste, dans l'ensemble, orientée vers la conclusion d'une forme d'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran."

La veille à Wall Street, le Nasdaq a bondi de 2 %, signant sa dixième séance consécutive de hausse, tandis que le S&P 500 a frôlé un record de clôture. Les données sur l'inflation à la production aux États-Unis ont également apporté un certain soutien, les prix ayant augmenté moins que prévu par les économistes en mars, ce qui a permis de tempérer les craintes d'une inflation alimentée par le conflit.

L'optimisme des investisseurs quant à une résolution prochaine du conflit iranien a également soutenu les bons du Trésor, qui avaient été malmenés récemment par les inquiétudes inflationnistes.

Le rendement des obligations du Trésor américain à deux ans a reculé d'un point de base (pb) à 3,746 % mercredi, après avoir perdu 3 pb la veille. Le rendement à 10 ans a également baissé d'un point de base à 4,2439 %, après un repli de 4 pb durant la nuit.

Le dollar, valeur refuge, s'est stabilisé après avoir reculé pour la septième séance consécutive. L'euro s'est maintenu à 1,1791 dollar, après avoir atteint un sommet de six semaines à 1,1811 dollar la veille.

Les cours de l'or ont légèrement fléchi de 0,3 % à 4 824 dollars l'once.

Alors que le flux pétrolier demeure de fait interrompu dans le détroit d'Ormuz, le Fonds monétaire international a revu à la baisse mardi ses perspectives de croissance, avertissant que l'économie mondiale pourrait basculer au bord de la récession si le conflit venait à s'aggraver.