Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont flanché jeudi. Les investisseurs se sont désengagés des marchés d'actions face aux nombreuses incertitudes sur l'activité économique américaine. Des données moroses pour le marché de l'emploi aux Etats-Unis ont poussé les détenteurs de capitaux à prendre leurs profits.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en recul de 1,36%. Francfort a perdu 1,31%, Milan 0,85% tandis que Londres a reculé de 0,42%. La Bourse suisse a pour sa part vu son indice phare SMI abandoner 0,52%.

A Wall Street, vers 18j30 le Nasdaq chutait de 1,79%, le S&P 500 de 1,10% et le Dow Jones de 0,89%. Un rapport mensuel publié jeudi par le cabinet de consultants Challenger, Gray & Christmas a montré que les suppressions d'emplois en octobre aux Etats-Unis étaient au plus haut pour ce mois depuis octobre 2003, avec 153'074 suppressions annoncées.

"Certaines industries se réajustent après le boom des embauches lié à la pandémie, mais cela intervient aussi dans un contexte d'adoption de l'IA, de ralentissement des dépenses des consommateurs et des entreprises, ainsi que d'une hausse des coûts qui poussent à des restrictions budgétaires et des gels des embauches", explique le rapport de Challenger.

Les inquiétudes sur le marché de l'emploi américain interviennent sur fond d'absence de données officielles sur les embauches et le taux de chômage alors que la paralysie du gouvernement (+shutdown+) empêche leur publication pour le deuxième mois consécutif. Ces incertitudes affaiblissaient la devise américaine et faisaient reculer les taux obligataires aux Etats-Unis.

"La remontée du dollar s'essouffle", affirme Francesco Pesole, analyste d'ING, pour qui "le manque de données et la communication prudente de la Fed" n'offrent pas beaucoup d'arguments aux investisseurs. Vers 18h00, le billet vert s'affichait en baisse de 0,39% par rapport à l'euro, à 1,1537 dollar.

Les taux à dix ans sur les bons du Trésor américain fléchissaient à 4,07%, contre 4,16% à la clôture la veille.

Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank, relève aussi une certaine dose d'"incertitude, une volatilité renouvelée" sur les marchés après qu'une majorité de la Cour suprême américaine a paru douter mercredi de la légalité d'une bonne partie des droits de douane imposés par Donald Trump. Pour l'analyste, il ne s'agit paradoxalement pas d'une bonne nouvelle pour les marchés car cela signifie "potentiellement plus de 100 milliards de dollars de remboursements que le gouvernement américain pourrait devoir à d'autres pays".

Mais pour Christopher Dembik, analyste de Pictet, le repli des indices est "une tempête dans un verre d'eau". "Le marché se fait peur (...) et cherche des excuses pour prendre des bénéfices" notamment du côté des investisseurs institutionnels et des fonds spéculatifs américains, assure l'analyste pour qui "il n'y a pas lieu de paniquer car il n'y a aucune donnée soudaine qui nous ferait craindre un changement de paradigme".

Andreas Lipkow, analyste indépendant, note également une augmentation du volume de transactions "qui laisse supposer une tendance à la hausse des ventes chez les investisseurs institutionnels".

Tesla sanctionné

La rémunération "stratosphérique" d'au moins 1000 milliards de dollars promise à Elon Musk, patron de Tesla, fait débat depuis son annonce en septembre, mais elle nécessite encore l'accord des actionnaires jeudi en assemblée générale. "Tesla n'est pas dirigé par un patron ordinaire. Elon est un visionnaire (...), qui a accompli des révolutions industrielles et des transformations réussies de nombreuses entreprises pionnières à plusieurs milliards de dollars", affirme le groupe.

Raison pour laquelle, d'après ses partisans, il mérite ce plan de rémunération qui vise aussi à le convaincre de rester aux commandes de Tesla. Reste que l'action Tesla chutait de 4,27%.

Zalando à la mode

Le site de mode en ligne Zalando a gagné 6,58% à Francfort. Dopé par le rachat d'About You, il a vu son chiffre d'affaires trimestriel grimper à 3,02 milliards d'euros, avec un bénéfice opérationnel en légère hausse.

Suivant le repli des marchés boursiers, les cours du pétrole étaient en baisse, s'acheminant vers leur quatrième séance de repli d'affilée.

Vers 18h30, le prix du baril de Brent de la mer du Nord cédait 0,49% à 63,04 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, reculait de 0,90% à 59,06 dollars.

Le bitcoin perdait 3,46% à 100'917 dollars.

afp/vj