Après deux journées de pertes, les bourses ont amorcé un rebond mercredi. Toutefois, face à la poursuite de la guerre au Proche-Orient, les experts appellent à la prudence. Le Dax et l’EuroStoxx50 progressaient chacun d’environ 1,5 % en milieu de journée, à 24 143 et 5 868 points respectivement. Les contrats à terme sur les principaux indices américains étaient également légèrement en hausse. Les métaux précieux et les cryptomonnaies étaient également orientés à la hausse, tandis que les fluctuations du dollar et de l’euro se stabilisaient dans l’ensemble.

Les investisseurs étaient à la recherche « d’indices sur une issue possible au conflit », a résumé Jochen Stanzl de la Consorsbank. Les forces armées des États-Unis et d’Israël ont nettement intensifié leurs attaques contre l’Iran. D’après leurs propres déclarations, les forces américaines progressent plus rapidement que prévu dans la destruction des défenses iraniennes. De son côté, la direction à Téhéran a accru la tension en maintenant le blocus du détroit d’Hormuz, un point névralgique pour le commerce pétrolier reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Toutefois, le plan de Donald Trump, qui consiste à escorter les navires traversant le détroit d’Hormuz par une protection militaire, a nettement freiné la hausse du prix du pétrole.

LES VOLS DE RAPATRIEMENT FREINENT LA CHUTE DES COMPAGNIES AÉRIENNES

Le baril de Brent de la mer du Nord a augmenté d’environ un pour cent, à 82,30 dollars (159 litres), tandis que le prix du brut léger américain WTI n’était plus que légèrement en hausse, à 74,69 dollars. Cependant, il reste incertain que le plan de Trump puisse effectivement être mis en œuvre, a averti Thomas Altmann, gérant de portefeuille chez QC Partners. Globalement, personne ne peut affirmer si la vague de ventes va se poursuivre et pousser le Dax vers les 23 000 points, a estimé l’expert de Consorsbank, Stanzl. De plus, selon Andreas Lipkow de CMC Markets, les signaux venus d’Asie « ne sont pas de bon augure ».

La forte dégringolade des actions des compagnies aériennes s’est elle aussi quelque peu atténuée. Les investisseurs ont réagi aux premiers vols de rapatriement en provenance du Proche-Orient : les titres de Lufthansa et de la maison-mère de British Airways, IAG, ont ainsi gagné chacun environ 2 %, après avoir perdu plus de 10 % ces derniers jours.

En milieu de semaine, quelques appareils ont décollé de l’aéroport de Dubaï, plaque tournante de nombreuses liaisons vers l’Asie. Les vols d’Emirates desservaient notamment Düsseldorf, Munich et Francfort. Lufthansa, mandatée par le gouvernement fédéral, rapatriera dans la nuit de mercredi à jeudi des touristes allemands bloqués à Mascate, dans le Sultanat d’Oman. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a annoncé d’autres vols à venir. Le Royaume-Uni et la France prévoient eux aussi leurs premiers vols de rapatriement ce mercredi. L’espace aérien du Proche-Orient reste cependant en grande partie fermé depuis cinq jours. Le secteur du voyage traverse ainsi la crise la plus grave depuis la pandémie de Covid-19.

REDCARE ET ADIDAS CHUTENT

Parmi les autres valeurs, Adidas a défrayé la chronique avec une baisse de près de 6 % malgré des prévisions optimistes. L’entreprise table pour cette année sur un résultat d’exploitation d’environ 2,3 milliards d’euros, ce qui, selon les analystes de RBC, correspond à une marge de 8,5 % à 8,8 %, en deçà de l’objectif interne d’Adidas de 10 %. Par ailleurs, Bayer et Symrise ont perdu chacun environ 3 % après la publication de résultats financiers mal accueillis.

Dans le MDax, les titres de Redcare Pharmacy ont plongé de 17,6 % après l’annonce de leurs résultats. Bilfinger et Traton ont également été sous pression après leurs bilans, perdant respectivement environ 2,5 % et 1 %. En revanche, les actions de Sixt se sont envolées de 8,6 % dans le SDax, et ce malgré une prévision annuelle pessimiste.

(Reportage de Sanne Schimanski, édité par Sabine Ehrhardt. Pour toute question, veuillez contacter notre rédaction à l’adresse berlin.newsroom@thomsonreuters.com (pour la politique et la conjoncture) ou frankfurt.newsroom@thomsonreuters.com (pour les entreprises et les marchés).)