Paris (awp/afp) - Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse lundi, à l'issue d'une séance marquée par un regain des tensions géopolitiques après les menaces de surtaxes douanières de Donald Trump visant plusieurs pays de l'UE opposés à son projet d'annexion du Groenland.
La Bourse de Paris a fortement baissé de 1,78%, tout comme Francfort qui a abandonné 1,34% et Milan 1,32%, tandis que Londres a mieux résisté, limitant ses pertes à 0,39%. A Zurich, la Bourse suisse a terminé la séance en baisse de 1,02% à 13'277,04 points.
Les secteurs qui exportent le plus vers les États-Unis ont particulièrement souffert. Le luxe a plongé, à l'image de LVMH (-4,33%), Hermès (-3,52%) et Kering (-4,10%) à Paris. Burberry a reculé de 2,79% à Londres et Moncler de 1,96% à Milan.
L'automobile était au diapason: Stellantis a perdu 1,96% à Paris et Volvo 2,97% à Stockholm. A Francfort, BMW a cédé 3,43%, Volkswagen 2,76% et Mercedes 2,18%.
Donald Trump a menacé ce week-end huit pays, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, de nouvelles surtaxes douanières sur leurs exportations aux États-Unis, en raison de leur opposition à sa volonté de s'emparer du Groenland.
La résurgence des tensions douanières rendent "mécontents" les investisseurs sur les marchés internationaux, même si "les responsables politiques européens s'efforcent d'en limiter les conséquences" avant l'ouverture du Forum de Davos, souligne Andreas Lipkow, analyste indépendant.
Touefois, bien qu'en baisse, "le marché ne cède pas à la panique", souligne Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie marchés de Natixis IM.
L'Union européenne et les États-Unis "sont interconnectées, mais il s'agit d'économies fermées et donc fondamentalement, les impacts sont relativement limités", explique l'économiste.
En comparaison, en avril 2025, la première vague de droits de douane "réciproques" américains avait provoqué le décrochage de 4 à 6% des principales places financières européennes.
"Les marchés semblent depuis plusieurs semaines loin des problématiques géopolitiques", abonde Olivier Malteste, directeur des Investissements de la société de gestion d'épargne Yomoni. "L'élément central sera la réponse des européens" et l'éventuelle "surenchère qui pourrait ne pas être appréciée par les marchés", poursuit-il.
Après avoir navigué dans le vert en début de journée, plusieurs valeurs du secteur de la défense à Francfort ont fini en légère baisse, comme Renk (-0,47%), Hensoldt (-0,65)% ou Thyssenkrupp (-0,19%).
A Paris, Thales a gagné 1,07%, Leonardo a pris 1,66% à Milan et Saab 2,19% à Stockholm, des hausses moins importantes que celles enregistrées en première moitié de séance.
Signe de la réaction contenue sur les marchés, les obligations, valeurs refuge, sont restées stables et "l'or monte de moins de 2% et est donc sans panique", souligne Olivier Malteste.
Vers 17h25 GMT, l'or s'échangeait à 4.670 dollars l'once, en hausse de 1,61%, après avoir néanmoins touché un record à 4.690,59 dollars dans la nuit.
Sur le marché de la dette, le rendement de l'emprunt allemand à 10 ans, référence en Europe, a terminé à 2,84%, après 2,83% la veille.
Côté changes, l'euro prenait 0,36% à 1,1640 dollar pour un euro.
Bayer grimpe en flèche
L'action du groupe agrochimique et pharmaceutique Bayer a progressé de 6,95% à Francfort après que la Cour suprême des États-Unis a accepté d'examiner un recours du géant allemand sur la recevabilité de plaintes qui concernent le risque supposé de cancer lié à l'herbicide Roundup, fabriqué par sa filiale Monsanto.
Le patron de Bayer, Bill Anderson, a salué dans un communiqué la décision de la Cour suprême d'examiner ce recours, assurant qu'il s'agissait d'une "bonne nouvelle pour les agriculteurs américains, qui ont besoin de clarté sur la réglementation".
Pétrole stable
Les prix du pétrole étaient sans changement: vers 17H25 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, baissait de 0,03% à 64,11 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 0,24% à 59,58 dollars.
afp/cw



















