Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales se montraient volatiles mardi. Les investisseurs sont suspendus au dernier ultimatum du président américain Donald Trump à l'Iran, lequel maintenait les prix du pétrole à la hausse.

Peu avant 13h30, l'indice CAC40 de la Bourse de Paris progressait de 0,23%, avec un bond de l'action du fabricant de puces STMicroelectronics (+4,56%). Hors CAC40, l'action Vivendi accueillait plus que favorablement l'offre de rachat d'Universal Music Group, dont Vivendi est actionnaire à presque 10%, par le fonds américain Pershing Square (+9,65%).

Milan progressait également (+0,24%). En revanche, Francfort (-0,33%) et Londres (-0,09%) continuaient d'évoluer très prudemment. La Bourse suisse voyait quant à elle son indice phare SMI abandonner 0,17% peu avant 14h30.

"La séance d'aujourd'hui a le potentiel d'être l'une des plus volatiles depuis le début du conflit, toute nouvelle étant susceptible de provoquer des variations significatives sur les marchés mondiaux", déclarait à l'ouverture Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Wall Street devrait ouvrir en baisse, à en croire les contrats à terme sur les trois indices de Wall Street: Dow Jones (-0,31%), Nasdaq (-0,47%) et S&P 500 (-0,34%). "Les marchés hésitent", relève Kathleen Brooks, directrice de recherche pour XTB (plate-forme d'investissements en ligne).

"L'attention reste fermement tournée vers le Moyen-Orient, à l'approche de l'échéance fixée par Donald Trump à l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, prévue à 20H00, heure de la côte Est, ce soir", rappelle-t-elle. Le président américain Donald Trump menace de détruire l'Iran mardi soir si Téhéran ne répond pas d'ici là à son ultimatum en rouvrant le détroit d'Ormuz, vital pour l'approvisionnement mondial en pétrole.

"Ouvrez le putain de détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en enfer - VOUS ALLEZ VOIR!", a également écrit Donald Trump sur son réseau social Truth Social. Les marchés sont aussi dans l'attente de la "saison" des résultats des entreprises du premier trimestre 2026, qui commence aux Etats-Unis avec Delta Airlines mercredi.

"Ainsi, géopolitique et actualité des entreprises se croiseront dans les prochains jours et les prochaines semaines, et nous observerons laquelle des deux prendra le dessus", selon Kathleen Brooks pour XTB. En attendant, les valeurs technologiques ne sont pas épargnées par les zones de turbulences sur les Bourses mondiales, relève Alexandre Baradez, responsable de l'analyse de marché chez IG France.

"Les +Magnificent Seven+, c'est-à-dire Tesla, Apple, Amazon, Alphabet, Microsoft, Meta et Nvidia ont encore une capitalisation de marché totale de 18'500 milliards de dollars, soit 60% de la capitalisation total de l'indice Nasdaq100, mais cette valorisation boursière a fondu ces derniers mois", observe-t-il.

Le WTI plus cher que le Brent

Les menaces de Donald Trump, et la résistance de l'Iran, ont continué d'alimenter la hausse du pétrole, "évoluant à des niveaux plus vus depuis 2022", selon Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

A 13h40, le WTI américain s'échangeait à 114,64 dollars le baril (+1,98%). Depuis quelques jours, le WTI coûte exceptionnellement plus cher que le Brent de la mer du Nord, référence sur le marché du brut, qui valait 110,70 dollars le baril (+0,85%) mardi.

"La raison de cette anomalie tient aux différences de fonctionnement entre les deux contrats. Le contrat WTI prévoit une livraison de pétrole en mai, tandis que le contrat Brent prévoit une livraison de pétrole en juin", explique Kathleen Brooks, de XTB. Cela montre "que les traders espèrent que les prix du pétrole seront plus bas à l'avenir. C'est également le signe qu'ils restent confiants que le conflit sera terminé d'ici deux mois", selon elle.

"Le pétrole est devenu de fait le principal canal de transmission du risque sur l'ensemble des marchés. Ses mouvements se répercutent désormais directement sur tout, des rendements obligataires aux actions, et même aux cours de l'or", ajoute Matt Britzman.

Les taux d'intérêt restent élevés

Référence en Europe, le taux d'emprunt de la dette allemande à dix ans dépassait encore les 3% (3,03%) mardi, contre 2,99% la veille. Son équivalent français s'établissait à 3,72% contre 3,67% précédemment. Les taux augmentent avec les risques d'inflation car les créanciers exigent un rendement plus fort de leurs investissements pour se protéger de la perte en valeur du montant de leurs créances.

afp/vj