Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent sans élan mercredi, dans un climat d'aversion pour le risque, les investisseurs questionnant les valorisations colossales liées à l'intelligence artificielle.
"Les marchés actions mondiaux ont subi une forte vague de ventes mardi, alors qu'une accumulation de plusieurs facteurs a entraîné une hausse de l'incertitude et de l'aversion au risque", commente Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
"L'Asie avait entamé la séance avec une nouvelle pression vendeuse, mais les principaux indices ont réussi à remonter au cours de la journée, ce qui a permis une ouverture plus stable en Europe", poursuit-elle.
A Séoul, l'indice Kospi a clôturé en repli de 2,85%, après avoir dévissé de 6% en cours d'échanges. A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé en baisse de 2,49%, après avoir lâché jusqu'à 4% dans la séance.
En Europe, vers 12H45 GMT, la Bourse de Paris (-0,06%) Londres (+0,07%) et Milan (-0,10%) évoluaient autour de l'équilibre, quand Francfort cédait 0,30%. En Suisse, le SMI prenait 0,1%.
A Wall Street également, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager d'une ouverture autour de l'équilibre.
Ces derniers mois, la place américaine avait enchaîné les records et les valeurs technologiques ont accru leur poids, le mastodonte des puces Nvidia ayant même franchi le seuil symbolique des 5.000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Mais désormais, "la narration du marché a clairement évolué, avec une part croissante d'observateurs se demandant si nous ne sommes pas à l'aube d'une correction" sur les actions, note Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
"Plusieurs bons résultats d'entreprises technologiques américaines ces derniers jours, comme Palantir ou AMD, n'ont pas provoqué de (hausse) supplémentaire" sur les marchés d'actions, remarque aussi Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés chez IG France.
"La raison étant probablement la très forte hausse des valeurs de ce secteur depuis le début de l'année et des niveaux de valorisation extrêmement élevés, qui intégraient déjà ces bons résultats de façon anticipée", poursuit-il.
Par ailleurs, les Etats-Unis sont entrés mercredi dans leur 36e jour de paralysie budgétaire, battant ainsi le record du plus long "shutdown" de l'histoire du pays, au moment où les conséquences néfastes pour des millions d'Américains s'étendent de jour en jour.
Au niveau monétaire enfin, "alors que les marchés étaient convaincus qu'une autre baisse de taux interviendrait en décembre, après celles de septembre et octobre", le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell "est venu refroidir les attentes en déclarant qu'+une nouvelle baisse du taux directeur lors de la réunion de décembre n'est pas une évidence, loin de là+", explique Alexandre Baradez.
Conjuguez la méfiance autour des valeurs de l'IA, "l'affaiblissement des espoirs (...) d'une baisse de taux en décembre par la Fed, les signes d'un affaiblissement de l'économie américaine, les risques persistants d'inflation et le brouillard épais alors que les données officielles américaines restent insaisissables - et vous obtenez la recette de l'inquiétude", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Dans ce contexte, sur le marché des changes, le dollar restait stable (-0,05%) face à la monnaie unique, à 1,1489 dollar pour un euro vers 12H45 GMT.
Feu vert pour BMW
Le constructeur allemand BMW (+1,78% à Francfort vers 12H45 GMT) a annoncé mercredi avoir plus que triplé son bénéfice net au troisième trimestre, poussé par une hausse de ses livraisons, qui se sont maintenues aux Etats-Unis malgré les droits de douane, après une chute drastique de son résultat l'an dernier due à un rappel massif de véhicules.
Entre juillet et septembre, il a dégagé un résultat net de 1,70 milliard d'euros, en hausse de 256,5% sur un an, a indiqué le constructeur dans un communiqué.
Le pétrole atone
Les prix du pétrole font du surplace mercredi, dans l'attente de nouvelles données sur les réserves hebdomadaires américaines, tandis que le réel effet des sanctions américaines sur le secteur pétrolier russe et ses clients reste encore incertain.
Vers 12H45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 0,32% à 64,23 dollars, et celui de WTI américain cédait 0,41% à 60,31 dollars.
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