Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales avancent prudemment mercredi, dans l'attente des résultats du mastodonte américain de la tech Nvidia, reléguant au second plan la récente flambée des taux d'emprunts souverains provoquée par les tensions inflationnistes liées à la situation au Moyen-Orient.

Vers 12H00 GMT, en Europe, la Bourse de Paris prenait 0,55%, Francfort 0,42%, Londres 0,09% et Milan gagnait 0,50%.

A Wall Steet, les contrats à terme sur les trois principaux indices laissaient présager une ouverture dans le vert.

Les marchés d'actions se maintiennent malgré la récente flambée des coûts d'emprunts des Etats, dans l'attente des résultats du mastodonte de la tech Nvidia, première capitalisation mondiale, qui doit publier ses performances du premier trimestre après la fermeture de Wall Street.

"Historiquement, les marchés ont eu du mal à maintenir des valorisations élevées dans des environnements où les taux d'emprunt augmentent fortement", souligne Daniela Hathorn, analyste senior des marchés chez Capital.com.

"Et contrairement aux précédentes poussées inflationnistes de la période post-Covid, celle-ci est renforcée par un véritable choc d'offre via les marchés de l'énergie, le conflit au Moyen-Orient poussant les prix du pétrole au-dessus de 100 dollars et maintenant les anticipations d'inflation à des niveaux élevés", explique-t-elle.

"Ce qui rend l'environnement actuel inhabituel, c'est que les actions semblent prêtes à absorber tout cela parce que le contexte des bénéfices reste extraordinairement solide", estime Mme Hathorn.

Les valeurs liées à la tech et aux semi-conducteurs ont grimpé ces dernières semaines, portés par les espoirs des investisseurs dans l'intelligence artificielle et bravant les inquiétudes liées à la guerre au Moyen-Orient.

Les taux d'emprunts consolident leurs sommets

Dans ce contexte, "le marché s'attend à un nouveau rapport exceptionnel, mais la question est de savoir si Nvidia pourra continuer à dépasser les attentes et si ses prévisions suffiront à impressionner", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

Dans les échanges électroniques avant l'ouverture des marchés américains, le titre Nvidia prenait 1,56%.

"Le boom de l'intelligence artificielle est devenu le principal récit du marché et, pour l'instant, il est suffisamment puissant pour éclipser les inquiétudes qui pèseraient normalement sur les valorisations", estime Daniela Hathorn.

Vers 12H00 GMT, le taux d'intérêt de l'emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, reculait à 3,16%, contre 3,19% la veille. Il restait toutefois au-dessus des 3,14% de lundi soir.

Son équivalent français reculait à 3,78%, contre 3,83% la veille. Au Royaume-Uni, il cédait davantage de terrain, à 5,04%, contre 5,13% la veille, après un recul bienvenu de l'inflation en avril.

Aux Etats-Unis enfin, le taux d'emprunt à échéance 10 ans s'établissait à 4,64% contre près de 4,67% mardi à la clôture.

Mardi, les rendements obligataires avaient à nouveau flambé, après avoir déjà grimpé vendredi. Le taux américain à trente ans a atteint un plus haut depuis 2007. Son équivalent à dix ans s'est tendu à 4,69%, un plus haut depuis début 2025, contre 4,59% lundi en clôture.

Léger soulagement sur le pétrole

"Les investisseurs commencent à craindre que la flambée durable des prix de l'énergie pousse" les banques centrales à "envisager de nouvelles hausses de taux" pour lutter contre l'inflation, explique John Plassard, de Cité Gestion Private Bank.

Les hauts niveaux du prix du brut commencent à infuser dans les principales économies mondiales, où des indicateurs publiés ces dernières semaines montrent une montée de l'inflation, de l'Asie à l'Amérique du Nord, en passant par l'Europe.

Les cours du pétrole reculent mercredi après le passage d'un pétrolier sud-coréen par le détroit d'Ormuz, le marché se montrant optimiste.

Vers 12H00 GMT, le Brent de la mer du Nord évoluait à 109,08 dollars le baril (-1,98%) et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, cédait 1,57% à 102,51 dollars le baril.

"En ce moment-même, notre navire pétrolier sort du détroit d'Ormuz, en coordination avec l'Iran", a déclaré au Parlement le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun.

Les prix du brut restent cependant très élevés: avant le conflit, le baril oscillait autour de 70 dollars.

afp/jh