Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux ont été orientés à la baisse vendredi, incertains sur l'état de santé de l'économie américaine en l'absence de données officielles, et toujours marqués par les doutes entourant les fortes valorisations du secteur de la tech.

A Wall Street, le Dow Jones a pris 0,16% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 0,13%. Le Nasdaq, qui concentre les valeurs technologiques, a lui reculé de 0,21%, soit une perte cumulée de plus de 3% sur la semaine écoulée.

En Europe, à la clôture, la Bourse de Paris a cédé 0,18% vendredi et 2,10% sur la semaine. Francfort a reculé vendredi de 0,69%, Londres a perdu 0,55% et Milan 0,35%. A Zurich, le SMI a fini inchangé.

"Il est très déstabilisant (pour le marché, ndlr) de ne pas avoir une vue d'ensemble de la situation économique", commente auprès de l'AFP Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.

La paralysie budgétaire aux Etats-Unis ("shutdown") a atteint son 38ème jour, un record de longévité, et prive les investisseurs d'un certain nombre de données officielles, dont un rapport majeur sur l'emploi qui devait être publié vendredi.

Seul indicateur du jour: une confiance des consommateurs en berne pour le mois de novembre, au plus bas depuis 2022, selon l'enquête préliminaire de l'Université du Michigan.

"On commence à être dans le brouillard avec le shutdown (...) et la banque centrale (Fed) elle-même doit être ennuyée", a jugé Lionel Melka, associé chez Swan Capital. "On ne sait pas à quel saint se vouer. Si vraiment ça va mal, on aura une baisse des taux rapide, si c'est mieux, il est possible que les taux ne baissent pas aussi vite que certains ne l'imagine", a-t-il relevé.

Eymane Cherfa, analyste de Myria AM, reste optimiste: "On a des marchés qui encaissent les nouvelles sans se fissurer pour autant. On a des ventes qui traduisent davantage une phase de digestion plutôt qu'un changement de régime."

Ces incertitudes pesaient tout de même sur le dollar, qui a effacé en quelques jours une bonne partie de ses gains de la semaine passée.

Vers 21H50 GMT, la devise américaine perdait 0,15% face à la monnaie unique européenne, à 1,1564 dollar pour un euro

- L'IA en question -

Les investisseurs continuent aussi de se détourner des valeurs technologiques face à "la crainte que les dépenses consacrées" au développement de l'intelligence artificielle (IA) "ne soient pas rentables dans un avenir proche", souligne Tom Cahill.

Pour Arnaud Morvillez, gérant chez Uzes Gestion, interrogé par l'AFP, "des poches de marché ont été très valorisées, notamment autour de l'IA, il faut que ça dégonfle, que les investisseurs prennent un peu de profits pour repartir sur des bases saines".

Moins optimiste, Lionel Melka se demande si l'on n'a pas atteint "un point d'inflexion". "Il y a eu une période d'exubérance ces quinze derniers jours qui commence à être un peu assainie", a indiqué le gérant à l'AFP.

Le test d'un redémarrage du mouvement pourrait être la publication des résultats de Nvidia, le chouchou des Bourses mondiales, prévue le 19 novembre. La capitalisation du concepteur américain de puces pour l'IA a atteint le chiffre faramineux de 5.000 milliards de dollars la semaine dernière.

Le titre qui dépassait alors les 212 dollars s'est dégonflé depuis à 188,15 euros.

- Expedia décolle -

La plateforme de voyage en ligne a relevé jeudi sa prévision de croissance du chiffre d'affaires pour 2025, après avoir dépassé les estimations de Wall Street pour son bénéfice au troisième trimestre, grâce à une forte demande de ses clients professionnels.

L'action a bondi de plus de 17% à New York.

- Le pétrole remonte -

Le marché pétrolier se reprend légèrement, porté par les sanctions américaines contre le Kremlin et les frappes ukrainiennes qui se sont intensifiées sur les infrastructures d'hydrocarbures russes.

Le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 0,39% à 63,63 dollars et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 0,54% à 59,75 dollars.

afp/rp