Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux ont perdu du terrain mardi, plombés par les menaces douanières brandies par Donald Trump à l'encontre des pays européens qui s'opposent à toute annexion du Groenland.
En Europe, Paris a perdu 0,61%, Londres 0,67% et Francfort 1,03%. Milan a cédé 1,07%. A Zurich, le SMI a perdu 0,81%.
A New York, le S&P 500 a glissé de 2,06%. Le Dow Jones a perdu 1,76% et l'indice Nasdaq est tombé de 2,39%.
Les marchés "subissent de lourdes pertes" face à "l'intensification des tensions géopolitiques", résume Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Au cours du week-end, Donald Trump a menacé de nouvelles surtaxes douanières huit pays européens s'opposant à ses velléités d'annexion du Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark.
Le président américain justifie son projet en invoquant des motifs de sécurité face aux Russes et aux Chinois.
Ces "menaces d'augmentation des droits de douane (...) suscitent l'inquiétude des investisseurs, qui craignent qu'un éventuel conflit commercial transatlantique ne provoque une période de forte turbulence sur les marchés", selon M. Torres.
Art Hogan, de B. Riley Wealth Management, observe ainsi "une aversion au risque", qui rappelle l'onde de choc provoquée par l'annonce de droits de douane dits "réciproques" en avril.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a promis mardi à Davos une réponse "ferme" face aux menaces de Donald Trump. Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron a lui dit préférer "l'Etat de droit plutôt que la brutalité" et appelé à ne pas "perdre son temps avec des idées folles", lors de son discours au Forum économique mondial.
__ Hausse des taux obligataires
Dans ce contexte d'incertitudes commerciales, sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt d'Etat américain à dix ans se tendait vers 21H45 à 4,29%, contre 4,22% à la clôture vendredi, au plus haut depuis septembre.
Son équivalent à trente ans, baromètre de la confiance à long terme envers la signature américaine, atteignait 4,92%, contre 4,84%.
C'est le "signe que les investisseurs ont décidé d'adopter une posture plus prudente face aux actifs américains alors qu'aucun signe réel de désescalade n'est encore visible", relève Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés chez IG France.
Pour Christopher Low, de FHN Financial, les obligations américaines sont aussi échauffées par l'envolée des taux japonais. Celle-ci est provoquée par la perspective de dérapages budgétaires en raison des mesures de relance et allègements fiscaux promis par la Première ministre Sanae Takaichi.
Autre signe de la nervosité des marchés, les métaux précieux -considérés comme des valeurs refuges- ont touché des nouveaux records. L'or a atteint 4.766,31 dollars l'once, tout comme l'argent, à 95,88 dollars l'once.
Le Dollar index -qui compare le billet vert à un panier d'autres monnaies- reculait vers 21H45 de 0,83%.
Le pétrole avance
Les prix du pétrole ont gagné du terrain face aux interruptions de production importantes au Kazakhstan.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a pris 1,53% à 64,92 dollars et le baril de West Texas Intermediate a gagné 1,51% à 60,34 dollars.
"Le marché réagit aux événements au Kazakhstan, où plusieurs incendies ont entraîné des problèmes de production", remarque auprès de l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associate.
L'entreprise "Tengizchevroil a temporairement interrompu la production dans ses champs de Tengiz et Korolev après que deux incendies se sont déclarés dans des générateurs électriques", précisent les analystes d'ING, notant que le producteur a sorti environ 890.000 barils par jour de ces sites au cours des trois premiers trimestres de 2025.
En outre, le pétrole est soutenu par les menaces de Donald Trump. Etant coté dans la devise américaine, il devient plus attractif pour les acheteurs internationaux lorsque la monnaie se déprécie.
Le luxe et l'automobile européen cèdent du terrain
Les valeurs européennes du luxe, pour qui les Etats-Unis sont un marché crucial, ont encore reculé mardi, après une séance en net recul lundi.
LVMH a perdu 2,20%, Hermès 1,18% et Kering 2,60%. Burberry a reculé de 1,17% à Londres.
Même mouvement du côté des entreprises du secteur automobile exportant beaucoup sur le marché américain. A Francfort, Porsche a perdu 1,30%, Volkswagen 1,26% et Mercedes 1,20%. A Paris, Stellantis a cédé 1,86%.
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