Paris (awp/afp) - Les Bourses américaines évoluaient lundi en légère baisse, tandis que la plupart des Bourses européennes ont conclu une séance sans entrain. Attentistes, les investisseurs se concentrent sur la prochaine décision de la puissante banque centrale américaine (Fed) mercredi soir, en espérant une baisse des taux directeurs.

A New York, vers midi, l'indice Nasdaq reculait de 0,25%, le Dow Jones de 0,46% et le S&P 500 de 0,39%.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé tout près de son point d'équilibre (-0,08%), tout comme celle de Francfort (+0,07%), tandis que la place londonienne a légèrement reculé de 0,23%. A la Bourse suisse, l'indice phare SMI a gagné 0,35%.

"L'attention mondiale reste braquée sur l'annonce de la Fed prévue mercredi, alors que les responsables sont divisés sur la nécessité de nouvelles baisses de taux pour soutenir le marché du travail, au risque d'alimenter une inflation déjà élevée", explique Patrick Munnelly, stratégiste de Tickmill Group. Les investisseurs anticipent toujours massivement une nouvelle baisse d'un quart de point, ce qui constituerait une troisième détente de suite et ramènerait les taux dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.

"La suite reste toutefois incertaine", commente Christine Romar, analyste chez CMC Markets. "La probabilité d'une baisse des taux américains en janvier n'est que de 21,8% et celle de mars de 45,3%, selon l'outil CME FedWatch. Ce n'est qu'à la réunion d'avril que la probabilité d'une nouvelle baisse de 0,25 point de pourcentage dépasse 50%, après celle attendue cette semaine", détaille Patrick O'Hare.

Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt américain à dix ans se tendait, atteignant 4,19% vers 17H00 GMT, contre 4,14% à la clôture vendredi. Son équivalent allemand, qui fait référence en Europe, était aussi en hausse, à 2,86%, après 2,80% vendredi. Outre la politique monétaire américaine, "un ensemble disparate de nouvelles d'entreprises occupe l'actualité, mais aucune ne semble réellement déterminante pour le marché", conclut Patrick O'Hare.

Paramount lorgne sur Warner Bros

Le groupe de télévision et cinéma Paramount Skydance (+7,59% à New York vers 17H00 GMT) a présenté lundi une contre-offre pour son concurrent Warner Bros Discovery (+4,05%), valorisé 108,4 milliards de dollars, trois jours après l'annonce d'un accord de rachat entre Warner et Netflix (-3,71%). A la différence de Netflix, qui ne propose de racheter pour l'essentiel que le studio Warner Bros et la plateforme de streaming HBO Max, Paramount Skydance veut acquérir l'ensemble de WBD, y compris son portefeuille de chaînes de télévision.

Le géant de la santé et de l'agro-chimie Bayer (+4,94%) a mené la séance à la Bourse de Francfort. Après le succès d'une étude sur un médicament et la perspective de régler les poursuites liées au glyphosate, de nouveaux commentaires positifs sur le secteur pharmaceutique ont fait acheter le titre, tandis que l'entreprise réapparaît progressivement sur les listes de recommandations d'achat d'analystes.

L'aciériste allemand Kloeckner & Co (+28,34%) a vu son titre bondir à la suite d'informations de presse sur des négociations en vue d'une acquisition par le métallurgiste américain Worthington Steel.

Net repli de l'or noir

Du côté du pétrole, vers 18h00, le prix du baril de Brent de la mer du Nord perdait 1,57% à 62,75 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 1,63% à 59,10 dollars. Les investisseurs pétroliers "mettent en balance les risques géopolitiques pesant sur l'offre et les inquiétudes liées à un surplus mondial imminent", commente Soojin Kim, analyste chez MUFG.

"Les espoirs d'un accord de paix potentiel entre l'Ukraine et la Russie restent incertains, les tensions diplomatiques persistant", souligne-t-il. La réunion d'Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz à Londres avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky a permis lundi "de poursuivre le travail commun sur le plan américain" de paix sur l'Ukraine, "en vue de le compléter avec les contributions européennes, en étroite coordination" avec Kiev, a déclaré la présidence française.

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