Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent en baisse jeudi face aux nombreuses incertitudes quant à l'état de l'économie américaine. Des données moroses sur la santé du marché de l'emploi aux Etats-Unis faisaient reculer le dollar.
En Europe, vers 16h10, la Bourse de Paris creusait ses pertes, le CAC 40 lâchant 1,19%. Francfort cédait 0,87%, Milan 0,64% tandis que Londres baissait de 0,32%. La Bourse suisse n'était pas épargnée par la vague de repli, son indice phare SMI abandonnant vers 16h45 0,48%.
A Wall Street, le Nasdaq perdait 1,01%, le S&P 500 0,62% et le Dow Jones 0,60%. Un rapport mensuel publié jeudi par le cabinet de consultants Challenger, Gray & Christmas a montré que les suppressions d'emplois en octobre aux Etats-Unis sont au plus haut pour ce mois depuis octobre 2003, avec 153'074 suppressions annoncées.
"Certaines industries se réajustent après le boom des embauches lié à la pandémie, mais cela intervient aussi dans un contexte d'adoption de l'IA, de ralentissement des dépenses des consommateurs et des entreprises, ainsi que d'une hausse des coûts qui poussent à des restrictions budgétaires et des gels des embauches", explique le rapport de Challenger.
Ces inquiétudes sur le marché de l'emploi américain interviennent sur fond d'absence de données officielles sur les embauches et le taux de chômage alors que la paralysie du gouvernement (+shutdown+) empêche leur publication pour le deuxième mois consécutif. Ces incertitudes affaiblissaient la devise américaine et faisaient reculer les taux obligataires aux Etats-Unis.
"La remontée du dollar s'essouffle", affirme Francesco Pesole, analyste d'ING, pour qui "le manque de données et la communication prudente de la Fed" n'offrent pas beaucoup d'arguments aux investisseurs. Vers 16h00, le billet vert s'affichait en baisse de 0,26% face à l'euro, à 1,1526 dollar, et lâchait 0,27% face à la livre, à 1,3086 dollar.
Les taux à dix ans sur les bons du Trésor américain fléchissaient à 4,09% contre 4,16% à la clôture la veille. Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote relève aussi une certaine dose d'"incertitude, une volatilité renouvelée" sur les marchés après qu'une majorité de la Cour suprême américaine paraissait douter mercredi de la légalité d'une bonne partie des droits de douane imposés par Donald Trump, instrument majeur de la politique économique et diplomatique du président américain.
Pour l'analyste, il ne s'agit paradoxalement pas d'une bonne nouvelle pour les marchés car cela signifie "potentiellement plus de 100 milliards de dollars de remboursements que le gouvernement américain pourrait devoir à d'autres pays (...) et un déficit budgétaire plus profond".
Deutsche Börse sanctionnée
L'opérateur de la Bourse de Francfort, Deutsche Börse, a indiqué jeudi être en "dialogue constructif" avec la Commission européenne, qui a ouvert une enquête pour suspicion de collusion entre le groupe allemand et la bourse américaine technologique Nasdaq. A la Bourse de Francfort, le titre de l'opérateur s'enfonçait de 4,05%.
"La procédure en est encore à un stade précoce", a indiqué Deutsche Börse dans un communiqué à l'AFP. L'UE suspecte que les deux groupes pourraient s'être entendus pour ne pas se faire concurrence dans l'UE concernant certains produits dérivés.
Zalando à la mode
Le site de mode en ligne Zalando est dopé par le rachat d'About You: son chiffre d'affaires trimestriel a grimpé à 3,02 milliards d'euros, avec un bénéfice opérationnel en légère hausse. L'action Zalando prenait 9,09% à Francfort.
La Banque d'Angleterre (BoE) a laissé son taux directeur inchangé à 4% jeudi, à une courte majorité, face à la conjoncture économique morose du Royaume-Uni et avant la présentation du budget britannique le 26 novembre, qui devrait comprendre des hausses d'impôts.
Dans un discours prononcé mardi, la ministre des Finances Rachel Reeves a prévenu les Britanniques qu'ils devront tous "contribuer" à redresser le pays, et n'a pas exclu une augmentation de l'impôt sur le revenu ou de la TVA.
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