Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales perdent du terrain lundi dans un climat d'aversion pour le risque, les investisseurs attendant série d'indicateurs économiques aux Etats-Unis déterminants pour la prochaine décision sur les taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).

A Wall Street, vers 17H45, le Dow Jones perdait 0,39%, l'indice Nasdaq reculait de 0,23% et l'indice élargi S&P 500 lâchait 0,18%.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en perte de 0,32%, Francfort a cédé 1,04%, Londres 0,18% et Milan 0,22%. Zurich a fait cavalier seul, avec un SMI bouclant sur un gain de 0,13% à 12850,73 points.

"On observe un certain retour de l'aversion au risque sur les marchés en ce début de semaine", commente Kyle Rodda, analyste principal des marchés financiers chez Capital.com.

"La volatilité récente a surtout été une expression des fluctuations des anticipations de taux d'intérêt américains, et ces anticipations n'ont pas changé", poursuit-il. Les probabilités d'une baisse de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) la semaine prochaine restent autour de 87%.

En attendant, l'attention des investisseurs se focalise sur les nombreuses données macroéconomiques attendue dans la semaine.

L'activité manufacturière a ouvert le bal lundi. Elle a continué à se contracter le mois dernier aux États-Unis, alors que la revitalisation du secteur figure au sommet des priorités du président Donald Trump, selon l'indice publié par la fédération professionnelle ISM.

Vincent Juvyns, stratégiste chez ING, constate ainsi "un cocktail d'informations moins rassurantes pour les investisseurs", causant "des prises de bénéfices évidentes dans un environnement où l'aversion pour le risque revient"

Le rapport mensuel sur les créations d'emplois aux Etats-Unis dans le secteur privé pour le mois de novembre suivra mercredi. Vendredi, les marchés surveilleront l'indice des prix à la consommation PCE pour le mois de septembre, décalé à cause de la paralysie budgétaire ("shutdown") de 43 jours aux Etats-Unis.

Les investisseurs tenteront de déceler dans ces données des signes d'un ralentissement de l'inflation aux Etats-Unis, qui pourraient justifier une baisse des taux de la banque centrale américaine.

Dans ce contexte, sur le marché des changes, le dollar fléchissait face à l'euro (-0,22%) à 1,1624 dollar pour un euro vers 17H45.

Thyssenkrupp Steel signe un accord de restructuration avec IG Metall

La branche acier de l'Allemand Thyssenkrupp et le syndicat IG Metall ont annoncé lundi un accord sur la restructuration du sidérurgiste, qui va fortement réduire ses effectifs, au milieu de pourparlers de reprise de cette activité en crise par l'indien Jindal Steel.

A la bourse de Francfort, ces annonces ont pesé sur l'action de la maison mère Thyssenkrupp AG, terminant sur une chute de 4,38%.

Les précieux brillent, record de l'argent

"Les anticipations de baisses imminentes des taux de la Réserve fédérale demeurent" les raisons principales de la hausse du cours de l'or, "renforcées par les incertitudes géopolitiques persistantes et les tensions politiques", explique Fawad Razaqzada, analyste marchés pour Forex.com.

Des baisses de taux de la Fed sont susceptibles de faire baisser les rendements du dollar et des bons du Trésor américain, valeurs refuges concurrentes de l'or.

Vers 17H45, l'once d'or se stabilisait à 4234 dollars (-0,13%) peu après être monté à un plus haut depuis ses records d'octobre.

L'once d'argent a quant à elle touché un nouveau record historique à 58,8434 dollars l'once. Elle prenait 3,44% à 58,4462 dollars.

Le bitcoin plonge

Le contexte général de prudence plombe les actifs les plus risqués, au premier rang desquels la star des cryptomonnaies, descendue sous la barre des 85'000 dollars.

Le bitcoin plongeait de 7,10% à 84'703 dollars vers 17H40.

Le pétrole monte

Le pétrole bénéficie d'une prime de risque exacerbée par la montée des tensions entre les Etats-Unis et le Venezuela et par une attaque ukrainienne contre un terminal pétrolier majeur en Russie.

"Les prix du pétrole progressent après que les membres de l'Opep+ (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés, ndlr) ont décidé de laisser la production stable, tandis que les opérateurs continuent de suivre les développements géopolitiques", note Fiona Cincotta, analyste marchés chez City Index.

Vers 17H40, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, prenait 1,11% à 63,07 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, gagnait 1,16% à 59,23 dollars.

afp/ck