Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales reculaient jeudi lors d'une séance marquée par la publication des résultats d'entreprises pour le troisième trimestre dont une partie des géants technologiques américains. Les investisseurs sont restés prudents après la baisse des taux de la Réserve fédérale mercredi, la BCE optant elle une nouvelle fois pour le statu quo monétaire.

A Wall Street, le S&P 500 perdait 0,39% peu avant 18h00 et le Nasdaq, indice à dominante technologique 0,89% au lendemain de son quatrième record en clôture d'affilée. Le Dow Jones, indice davantage industriel, prenait quant à lui 0,35%.

En Europe, les Bourses de Londres (+0,04%), de Francfort (-0,02%) et de Milan (-0,09%) sont restées à l'équilibre, tandis que Paris a reculé de 0,53%. La Bourse suisse a elle aussi vu son indice phare SMI (-0,04%) terminer tout proche du point neutre.

"L'orientation des valeurs technologiques américaines domine les marchés aujourd'hui (jeudi, NDLR)", commente David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier. Parmi les principales, l'action de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) chutait de près de 10% à New York, plombée par la perspective d'investissements toujours plus massifs dans la course à l'intelligence artificielle (IA) générative.

"Lorsqu'une entreprise fait beaucoup d'investissements, elle utilise davantage sa trésorerie" et les investisseurs peuvent s'attendre à moins bénéficier de la redistribution des richesses, explique David Kruk. "Ce qui fait baisser les titres technologique sur la séance c'est davantage les questions qui se posent autour de la rentabilité des investissements que sur les faits, parce que c'est une saison des résultats solide", poursuit-il.

Par ailleurs à la cote américaine, Microsoft reculait de 3,03% vers 16H50 GMT, en dépit de résultats meilleurs que prévu au premier trimestre de son exercice comptable décalé, qui ont mis en évidence l'appétit toujours insatiable de ses clients pour l'informatique à distance (cloud) et l'IA.

"Des prises de bénéfices sont aussi à l'oeuvre. Le secteur technologique tire les performances des indices américains qui sont à leurs plus hauts et c'est une respiration en fin de mois qui aidera les marchés à rester hausse par la suite", souligne encore David Kruk. Les projecteurs seront braqués sur les résultats d'Apple et d'Amazon jeudi après la clôture des marchés américains.

Bancaires sur le devant de la scène

A Wall Street comme en Europe, les variations des indices sont "très liées à la période de résultats et à leur composition", note David Kruk. Sur le secteur bancaire, les résultats des établissements du Vieux continent "volent de record en record", commente Guillaume Larmaraud, associé chez Colombus Consulting, portés par les activités de marché, en particulier les taux et change.

Sur les marchés d'actions, depuis le début de l'année, les valeurs du secteur affichent des hausses très importantes: Commerzbank a gagné près de 100% à Francfort, Banco Santander plus de 95% à Madrid, Société Générale environ 94% à Paris.

Or, pour le porte-parole de La Financière de l'Échiquier, là encore, des prises de bénéfices lors de la saison des résultats sont "naturelles" lorsque les performances sont telles, ce qui explique selon lui les baisses du Crédit Agricole (-4,80% à la Bourse de Paris) et de la Société Générale (-3,57%) jeudi.

Les marchés digéraient également les décisions de politique monétaire des banques centrales américaine (Fed) et européenne (BCE). La Fed a réduit ses taux directeurs d'un quart de point pour la deuxième fois d'affilée, une décision qui n'a toutefois pas fait l'unanimité en son sein, son président prévenant qu'une détente supplémentaire était "loin" d'être acquise pour la réunion de décembre.

La BCE a quant à elle maintenu pour la troisième fois d'affilée son principal taux directeur à 2%, au vu de "perspectives d'inflation globalement inchangée". "Après la réunion de la Fed, cette réunion de la BCE semble plutôt discrète, globalement conforme aux attentes, sans ouvrir véritablement la voie à une baisse supplémentaire des taux l'année prochaine", commente Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier IM.

Sur le marché obligataire, le taux d'intérêt de l'emprunt américain à dix ans, s'établissait à 4,08% vers 16H50 GMT contre 4,08% mercredi en clôture et son équivalent allemand était à 2,64%, après 2,62% la veille.

Le dollar prenait 0,28% face à la monnaie unique, à 1,1567 dollar pour un euro.

afp/vj