Paris (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux évoluent en ordre dispersé vendredi, après la publication d'un rapport sur le marché de l'emploi aux Etats-Unis en décembre jugé mitigé par les investisseurs et qui repousse les espoirs de baisse des taux de la banque centrale américaine (Fed).

Dans le détail, la première puissance économique du monde a créé 50.000 emplois le mois dernier, soit moins que les attentes du marché (73.000), tandis que le taux de chômage a reculé à 4,4% par rapport à novembre.

"Les Etats-Unis restent dans un environnement de faibles embauches et de faibles licenciements. Cela ne fait que confirmer qu'une baisse des taux de la Fed le 28 janvier est très improbable", commente Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Le marché anticipe toujours deux baisses de taux cette année, mais la baisse du taux de chômage et l'accélération des salaires pourraient permettre aux membres les moins favorables à des baisses de taux d'avoir plus de poids dans le débat, après déjà trois baisses de taux en 2025", détaille Kathleen Brooks.

La Fed poursuit en effet un double mandat: se rapprocher du plein emploi tout en maintenant la hausse des prix à un niveau proche de 2% sur le long terme.

Si le marché du travail montre des signes d'affaiblissement marqués, l'institution monétaire pourrait être susceptible d'intervenir en baissant ses taux afin d'alléger le coût du crédit et de soutenir l'activité économique du pays.

Toutefois, la Fed doit également s'assurer de ne pas baisser les taux au-delà de ce dont l'économie a réellement besoin, pour ne pas alimenter la hausse des prix, dans un contexte où les hausses de salaires sont déjà susceptibles de soutenir le pouvoir d'achat du consommateur américain, qui est le premier moteur de la croissance américaine.

"L'affaiblissement du marché du travail, combiné à une forte croissance du PIB, est le signe d'une hausse marquée de la productivité aux États-Unis. Celle-ci pourrait être liée à l'intelligence artificielle (IA), à la robotique, à une meilleure efficacité du fret ou encore à des programmes de gestion des stocks, ce qui suggère que la révolution de l'IA est en marche", juge encore Kathleen Brooks.

"Ce rapport sur l'emploi offre des éléments pour convenir à tous les profils d'investisseurs", autrement dit, ces données contrastées permettent à chacun de trouver des éléments de satisfaction, conclut l'analyste.

Dans ce contexte, à la Bourse de New York, l'indice élargi S&P 500 prenait 0,23% vers 15H20 GMT, le Nasdaq 0,22%, tandis que le Dow Jones restait proche de l'équilibre (+0,07%).

En Europe, la séance est marquée par les records de l'indice vedette français CAC 40 et de l'allemand DAX. Vers 15H20 GMT, Paris avançait nettement de 1,01%, Francfort prenait 0,24%, Londres 0,71% et Zurich de 0,46%.

Sur le marché obligataire, le rendement américain à dix ans était plutôt stable, à 4,18% contre 4,17% à la clôture la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, était à 2,87%, contre 2,86% précédemment.

Intel bondit

Le fabricant de puces américain Intel (+8,88% à New York) était en grande forme après la rencontre entre son patron et Donald Trump la veille.

"Le gouvernement américain est fier d'être actionnaire d'Intel et a déjà rapporté, grâce à sa participation américaine, des dizaines de milliards de dollars au peuple américain - EN SEULEMENT QUATRE MOIS", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.

L'Oréal recommandé

Le géant français de la cosmétique L'Oréal bondissait de 5,58% et tire le CAC 40 à la hausse à Paris, après une recommandation favorable de la banque suisse UBS, qui l'a passé de sa catégorie "neutre" à "à acheter".

L'entreprise bénéficie d'une "combinaison rare de dynamique d'exploitation en forte amélioration, d'un potentiel de hausse par rapport au consensus, d'une valorisation attractive et d'un profil de risque amélioré", relève UBS.

Ailleurs dans le secteur du luxe parisien, Hermès bondissait de 4,07%, Kering de 2,55% et LVMH de 2,65%.

afp/al