Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont terminé dans le rouge jeudi, l'Europe digérant le statu quo sur les taux décidé par les banques centrales européenne et britannique, tandis que Wall Street a été plombée par la mauvaise passe du secteur technologique.
A New York, le Dow Jones a perdu 1,20%, l'indice Nasdaq a cédé 1,59% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 1,23%.
La nervosité des investisseurs a atteint un plus haut depuis novembre, selon l'indice de volatilité Vix.
Les poids lourds de la tech américaine font face à un désintérêt croissant des investisseurs, et la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes ne suffit pas à changer cette tendance.
Alphabet, la maison mère de Google, a ainsi cédé 0,60% malgré un dernier trimestre 2025 record, les investisseurs s'inquiétant du niveau de dépenses promis pour l'année en cours (entre 175 et 185 milliards de dollars).
Quelques jours plus tôt, Microsoft avait perdu près de 10%, pour des raisons similaires.
"Lorsque certains segments du marché sont valorisés à ce point, tout élément qui ne s'approche pas de la perfection est décevant", commente auprès de l'AFP Jack Ablin, de Cresset.
Sur le Vieux Continent, Paris a perdu 0,29%, Francfort 0,46% et Londres 0,90%. Milan a nettement baissé, de 1,75%. A Zurich, le SMI a cédé 0,31%.
La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés jeudi pour la cinquième fois d'affilée, à 2%, signalant que la vigueur actuelle de l'euro et le ralentissement de l'inflation ne la forcent pas dans l'immédiat à changer de cap.
En parallèle, la Banque d'Angleterre a aussi opté pour le statu quo, maintenant son taux directeur à 3,75%, une décision prise à une courte majorité, car l'institution monétaire prévoit un ralentissement de l'inflation et une croissance moins forte que prévu cette année.
Globalement, "il était certes prévisible que les banquiers centraux ne modifieraient pas leurs taux, mais certains acteurs du marché espéraient tout de même des déclarations claires sur la suite", explique Andreas Lipkow, analyste indépendant.
Résultat, "l'attentisme se prolonge" et "l'appétit d'achat des investisseurs diminue", relève-t-il.
Mouvements sur le marché obligataire
Les remous politiques au Royaume-Uni -l'affaire Epstein éclaboussant par ricochet le Premier ministre- ont fait grimper le taux d'emprunt des bons du Trésor britanniques à 10 ans au plus haut depuis novembre, à 4,57%.
Côté américain, plusieurs indicateurs ont dessiné un ralentissement du marché de l'emploi, ce qui augmente la probabilité de baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Vers 21H50 GMT, le taux à échéance deux ans, le plus sensible à la politique monétaire, reculait à 3,45%, contre 3,56% la veille. Celui à dix ans baissait à 4,18%, contre 4,27% mercredi.
Estée Lauder sanctionné
Le groupe américain de cosmétiques Estée Lauder a dévissé de plus de 19% à 96,66 dollars, malgré un deuxième trimestre de son exercice décalé supérieur aux attentes et un relèvement de certaines de ses prévisions.
Estée Lauder, qui a observé un rebond de ses ventes en Chine, a aussi mis en avant son grand plan de restructuration entamé il y a un an. Entre 5.800 et 7.000 postes doivent être supprimés d'ici fin 2026.
L'argent dévisse, le bitcoin sous les 65.000 dollars
Après la flambée du mois dernier, soutenue par la spéculation, les incertitudes géopolitiques et inquiétudes concernant l'indépendance de la Fed, l'or et l'argent s'étaient effondrés la semaine dernière, avant un rebond ces derniers jours.
Un répit de brève durée: vers 21H50 GMT, l'argent dévissait encore de plus de 19% tandis que l'or cédait 3,80%.
Le cours du bitcoin est quant à lui passé sous la barre des 65.000 dollars, pour la première fois depuis l'élection en novembre 2024 de Donald Trump, qui avait propulsé le secteur des cryptomonnaies.
Vers 21H50 GMT, il était à 63.160 dollars, en baisse de 12,98%.
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