Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales naviguent dans le rouge vendredi, fragilisées par les doutes entourant les fortes valorisations du secteur tech, une potentielle invalidation des droits de douane de Donald Trump par la Cour suprême et les interrogations sur la trajectoire de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).

En Europe, vers 12H50 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,51%, Francfort 0,97%, Londres 0,77%, Milan 0,71% et Zurich 0,38%.

Auparavant, les places asiatiques avaient terminé également en baisse: le Nikkei, indice vedette de la Bourse de Tokyo, a cédé 1,19%, Shanghai 0,25%, Séoul 1,81% et Shenzhen 0,36%.

A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager aussi une ouverture en léger repli.

"Les marchés boursiers ont reculé alors que l'enthousiasme autour de la bulle de l'intelligence artificielle s'est estompé", note Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets. En Chine, l'indice Hang Seng, dominé par la tech, a ainsi perdu 0,92%.

La paralysie budgétaire ou "shutdown", qui a atteint son 37e jour, un record, prive par ailleurs les investisseurs de données officielles concernant l'état de l'économie américaine.

Cela "commence à irriter les marchés", qui doivent se contenter d'études d'organismes privés, souligne M. Wilson.

Un rapport mensuel publié jeudi par le cabinet de consultants Challenger, Gray & Christmas a montré que les suppressions d'emplois en octobre aux Etats-Unis étaient au plus haut pour ce mois depuis 2003, avec 153.074 suppressions annoncées.

Cette mauvaise nouvelle "pourrait renforcer la probabilité" d'une baisse des taux de la Fed en décembre, une perspective qui s'était estompée ces derniers jours, remarque Derren Nathan, analyste chez Hargreaves Lansdown.

La banque centrale américaine a en effet jeté le doute sur sa politique monétaire après avoir réduit ses taux d'intérêt pour la deuxième fois d'affilée fin octobre, le président de l'institution Jerome Powell prévenant d'une façon inhabituellement directe, qu'une détente supplémentaire était "loin" d'être acquise".

Dans ce contexte, vers 12H55 GMT le billet vert s'affichait en légère baisse de 0,12% face à la monnaie unique européenne, à 1,1562 dollar pour un euro.

Les taux à dix ans sur les bons du Trésor américain se stabilisaient à 4,08%, comme jeudi à la clôture.

Tesla patine

La décision des actionnaires de Tesla de valider un plan de rémunération record pouvant rapporter jusqu'à 1.000 milliards de dollars à Elon Musk n'a pas suscité l'enthousiasme des investisseurs.

Dans les échanges électroniques avant l'ouverture de Wall Street, le titre du constructeur perdait 0,90% à 12H55 GMT.

Le site britannique d'annonces immobilières Rightmove reculait de 13,40% vers 13H10 GMT, après avoir dévissé de plus de 25% un peu plus tôt dans la séance.

Il a prévenu vendredi que ses investissements dans l'Intelligence artificielle (IA) réduiraient ses bénéfices à court terme.

Le groupe britannique de téléphonie Vodafone gagnait 0,32% à Londres à 13H10 GMT, après avoir annoncé vendredi le lancement d'une constellation de satellites pour l'Europe avec le groupe américain AST SpaceMobile pour fournir un service mobile haut débit aux opérateurs européens sur un marché pour l'instant dominé par Starlink, l'entreprise d'Elon Musk.

Le pétrole remonte

Le marché pétrolier se reprend, porté par les sanctions américaines visant les groupes pétroliers russes Rosneft et Lukoil, qui commencent à produire leurs effets.

"Cette décision fait craindre des perturbations de l'offre à un moment où les tensions commerciales alimentent déjà les inquiétudes concernant la faiblesse de la demande mondiale", souligne Lukman Otunuga, analyse chez FXTM.

Vers 12H55 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord gagnait 0,80% à 63,89 dollars, et celui de WTI américain prenait 0,92% à 59,98 dollars.

afp/al