Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales baissent vendredi, plombées par l'incertitude sur la santé économique des Etats-Unis en l'absence de données officielles récentes, et du flou concernant la trajectoire de politique monétaire de la Fed.
Dans les premiers échanges, les places européennes évoluaient en baisse, Paris perdant 0,47%, Francfort 0,68%, Londres 1,05% et Milan 0,71%. A Zurich, le SMI reculait de 0,26% à 10h22.
"La semaine a clairement été volatile en termes de sentiment, entre le soulagement lié à la fin du +shutdown+ et les inquiétudes concernant les valorisations de l'IA et la question de savoir si la Fed (la Réserve fédérale américaine, ndlr) réduira à nouveau les taux", résume Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
Si la fin de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis a d'abord soulagé les marchés, poussant même des indices européens jusqu'à de niveaux records, elle laisse désormais place à un flou statistique.
Les chiffres officiels sur l'état des prix et du marché du travail le mois dernier aux Etats-Unis ne seront "probablement" jamais publiés en raison du plus long "shutdown" de l'histoire des Etats-Unis, avec plus de 40 jours d'impasse, qui a suspendu la collecte des données, a averti mercredi la Maison Blanche.
"La nervosité a gagné les marchés dans l'attente de ce que pourraient dévoiler les prochaines données macro-économiques", expliquent les analystes de Natixis.
"Dans le même temps, l'incertitude grandit pour la Fed", souligne John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
"Le prochain rapport sur l'emploi sera incomplet, privé de son taux de chômage faute d'enquête (...) durant le shutdown", poursuit-il. "La banque centrale devra arbitrer avec un indicateur amputé, un handicap majeur alors que l'état du marché du travail reste central pour son scénario de taux."
Plusieurs responsables de la Fed ont pris la parole mercredi et "adopté un ton prudent concernant les perspectives de politique monétaire", note d'ailleurs Jim Reid.
La présidente de la Fed de Boston Susan Collins, qui vote cette année sur les taux directeurs, a par exemple affirmé mercredi que "la barre (était) plutôt haute" pour envisager une nouvelle détente des taux à court terme, en ajoutant qu'elle voudrait d'abord s'assurer que l'inflation décélère "durablement".
En conséquence, "les investisseurs ont revu à la baisse leurs attentes concernant l'assouplissement de la politique monétaire de la Fed à court terme", relèvent les analystes de Natixis.
Les acteurs du marché sont désormais partagés quant à une nouvelle réduction des taux en décembre, selon l'outil de veille CME FedWatch. Ils étaient quasi unanimes un mois plus tôt.
Dans ce contexte, le dollar restait stable face à la monnaie unique à 1,1632 dollar pour un euro vers 09H45.
Les Bourses asiatiques ont également connu un coup de froid vendredi, baissant de concert avec le plongeon des valeurs tech, les interrogations sur la Fed et des indicateurs économiques chinois maussades.
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a reculé en clôture de 1,76%. En Chine, l'indice Hang Seng perdait 1,85% dans les derniers échanges. La Bourse de Shanghai a cédé 0,97% et Shenzhen 1,93%.
Richemont scintille
Le géant suisse du luxe Richemont, propriétaire de la maison Cartier, a publié vendredi un chiffre d'affaires meilleur qu'attendu pour son premier semestre décalé, porté par la joaillerie et une embellie en Chine et à Hong-Kong.
Son chiffre d'affaires d'avril à fin septembre s'est accru de 5%, à 10,6 milliards d'euros, dépassant les prévisions des analystes interrogés par l'agence suisse AWP qui l'attendaient en moyenne à 10,4 milliards.
Le titre Richemont s'envolait de 7,86% à la Bourse suisse vers 09H45.
Le reste du secteur du luxe en Europe résistait, malgré des indices européens en nette baisse, le géant LVMH gagnant 0,55% et Hermès 0,14%. Christian Dior restait à l'équilibre (+0,08%) à Paris.
Le pétrole remonte
Les prix du brut remontent vendredi "après qu'un dépôt pétrolier (...) a été endommagé par une attaque de drone ukrainien", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Vers 09H45, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,28% à 63,82 dollars, quand son équivalent américain, le baril de WTI, gagnait 1,43% à 59,53 dollars.
afp/ck



















