Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont salué jeudi la nouvelle baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), tandis que le secteur technologique à Wall Street a été plombé par les résultats d'Oracle, jugés décevants.
En Europe, la Bourse de Paris a avancé de 0,79%, Francfort s'est octroyée 0,68%, Londres a gagné 0,49% et Milan 0,54%. A Zurich, le SMI a perdu 0,13%.
A Wall Street, le Dow Jones (+1,34%) et l'indice élargi S&P 500 (+0,21%) ont tous les deux atteint des nouveaux records en clôture, respectivement à 48.704,01 et 6.901,00 points.
Seul l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 0,25%.
"Tous les secteurs ont progressé, à l'exception des valeurs technologiques, qui ont subi un revers suite à la publication d'un rapport trimestriel décevant par Oracle", remarque Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Le géant de l'informatique à distance (cloud) a chuté de 10,82% à 198,88 dollars à Wall Street jeudi, ce qui représente une perte d'environ 70 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Oracle, qui s'est massivement endetté pour être un des leaders de l'infrastructure pour l'intelligence artificielle (IA), a publié un chiffre d'affaires trimestriel de 16,1 milliards de dollars, en hausse de 14% sur un an, mais en dessous des attentes du marché.
Il a aussi relevé de 15 milliards à 50 milliards de dollars son plan d'investissements en 2026.
"Il existe encore beaucoup d'appréhension quant à la viabilité et la rentabilité de certains des plans d'investissement" des géants de l'IA, commente auprès de l'AFP Dave Grecsek, d'Aspiriant.
Mis à part la tech américaine, les marchés ont été soutenus par la poursuite de l'assouplissement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), note Dave Grecsek.
L'institution a conclu la veille sa dernière réunion de l'année par une baisse des taux directeurs d'un quart de point, la troisième consécutive, pour les ramener dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.
Et certains analystes estiment que les commentaires du président de la Fed, Jerome Powell, ont été plus accommodants qu'anticipé.
M. Powell a surpris en ne donnant "pas l'impression qu'une longue pause" allait arriver, souligne Matthew Ryan, analyste chez Ebury.
Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt américain à dix ans, évoluait autour de 4,15%, contre 4,14% à la clôture la veille.
Schneider Electric en hausse
En Europe, le repli ciblé de la tech américaine a bénéficié à des valeurs plus défensives. Le géant français des équipements électriques Schneider Electric a progressé de 2,42% à Paris après avoir relevé ses objectifs financiers.
Schneider Electric vise une croissance organique de son chiffre d'affaires "comprise entre 7% et 10%" d'ici à 2030 et une "nouvelle progression" de sa rentabilité, en s'appuyant sur l'intelligence artificielle.
Le dollar baisse, l'argent au plus haut
Le dollar reculait jeudi au lendemain de la baisse des taux de la Réserve fédérale, au profit d'autres valeurs refuges comme le franc suisse ou l'argent.
Vers 21H45 GMT, le billet vert lâchait 0,37% face à la monnaie unique européenne, à 1,1739 dollar pour un euro.
Le prix de l'argent a atteint un nouveau record à 64,31 dollars l'once, soutenu à la fois par son statut de métal semi-précieux prisé des investisseurs en période de baisse des taux et par la forte demande à l'égard de ce matériau industriel.
La devise helvétique grimpait aussi de 0,63% face au billet vert, à 0,7949 franc suisse pour un dollar, en tant que "valeur refuge" prisée, note Jane Foley, de Rabobank.
Le pétrole recule
Les prix du pétrole ont reculé face aux commentaires du président ukrainien Volodymyr Zelensky augurant d'avancées dans les négociations sur la guerre en Ukraine.
Le prix du baril de Brent a perdu 1,49% à 61,28 dollars et le West Texas Intermediate a reculé de 1,47% à 57,60 dollars.
M. Zelensky a indiqué jeudi avoir eu une "discussion constructive" avec de hauts responsables de l'administration de Donald Trump sur les garanties de sécurité que l'Ukraine demande de la part de ses alliés occidentaux face à Moscou.
"Une solution diplomatique permettrait de lever les sanctions imposées à la Russie, le troisième plus grand producteur de pétrole de la planète", note Robert Yawger, de Mizuho USA
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