Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales restent prudentes jeudi, l'optimisme après la baisse de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) ayant vite été douché par des résultats jugés décevants de l'américain Oracle, qui ont relancé les craintes autour des valorisations colossales dans l'IA.

En Europe, vers 14H15, la Bourse de Paris prenait 0,47%, Francfort 0,17%, Londres 0,09% et Milan 0,42%. Les principales places européennes avaient ouvert majoritairement dans le rouge. De son côté, Zurich égarait 0,06% vers 14h45 après la décision de la Banque nationale suisse (BNS) de laisser son taux directeur inchangé à 0,0%.

En Asie, à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 0,90%. La Bourse de Séoul a cédé 0,59%, Shanghai 0,70% et Shenzhen 1,27%. La Bourse de Hong Kong a terminé stable (-0,04%).

A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient quant à eux présager d'une ouverture en petite baisse.

"L'élan favorable aux actifs risqués s'est dissipé pendant la nuit, les résultats décevants d'Oracle après la clôture américaine ayant fait chuter l'action (de plus de 11%) dans les échanges" électroniques après la clôture de la Bourse, commente Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.

Le groupe, qui s'est massivement endetté pour être un des leaders de l'infrastructure pour l'IA, a publié un chiffre d'affaires trimestriel de 16,06 milliards de dollars, en hausse de 14% sur un an, mais légèrement en dessous des attentes du marché.

Oracle chute

L'entreprise, fondée par le multimilliardaire Larry Ellison, dévissait toujours de près de 12% jeudi dans les échanges électroniques avant l'ouverture de Wall Street, illustrant l'inquiétude d'investisseurs qui réclament des résultats exceptionnels au vu des dépenses monumentales engagées dans la course à l'IA.

"On voit clairement à quel point les attentes des participants au marché dans le secteur de l'IA influencent les activités [d'échange] sur les marchés financiers et combien il est de plus en plus difficile pour les entreprises de les satisfaire", note Andreas Lipkow, analyste indépendant.

"Les revenus +cloud+ décevants d'Oracle ont ravivé le récit de bulle de l'IA, pesant sur le sentiment de risque global et frappant durement les actions liées à l'IA", explique Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

A Tokyo, le mastodonte des investissements technologiques SoftBank a bu la tasse jeudi, ayant lâché jusqu'à 8,4% dans les premiers échanges. Il a fini en chute de 7,7%.

En Europe, vers 14H15, Infineon perdait 0,31% et SAP 2,24% à Francfort, STMicroelectronics 1,21% à Paris et ASML reculait de 0,51% à Amsterdam.

Jusque-là, le "marché des actions était plutôt soutenu par la Fed", soulignent les analystes de Natixis.

La banque centrale américaine a conclu mercredi sa dernière réunion de l'année par une baisse des taux directeurs d'un quart de point de pourcentage sans faire l'unanimité en son sein ni donner d'orientation claire pour la suite.

Les taux directeurs américains sont désormais dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.

"La baisse a été accompagnée de signaux implicites indiquant que la Fed pourrait rester en pause début 2026", relève Jim Reid.

Les taux de la Fed sont "au bon niveau" afin de déterminer la direction que va prendre l'économie américaine, alors que des risques existent tant au niveau de l'emploi que de l'inflation, a estimé mercredi le président de la banque centrale Jerome Powell.

Dans ce contexte, sur le marché des changes, le billet vert perdait 0,18% face à la monnaie unique, à 1,1717 dollar pour un euro vers 14H15.

Le pétrole en petite baisse

Les cours du pétrole reculent jeudi, le marché restant préoccupé par une offre trop abondante et la poursuite des négociations sur l'Ukraine, malgré une brève hausse des prix dans la nuit après la saisie d'un pétrolier vénézuélien par les États-Unis.

"Nous venons tout juste de saisir un pétrolier au large du Venezuela, un grand pétrolier, très grand, le plus grand jamais saisi", a affirmé le président américain à des journalistes à la Maison-Blanche.

Le pétrolier est baptisé Skipper, selon le site spécialisé MarineTraffic. Il s'agit d'un "très grand pétrolier transporteur de brut" (VLCC). Selon MarineTraffic, il transportait 1,1 million de barils de pétrole brut soumis à des sanctions.

Vers 14H15, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 1,09% à 61,53 dollars et celui de WTI américain reculait de 1,11% à 57,81 dollars.

afp/