Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales hésitent lundi, Wall Street se montrant plus timide que l'Europe à l'entame d'une semaine riche en décisions de banques centrales, dont celle de la Banque centrale européenne (BCE), et d'indicateurs économiques aux Etats-Unis.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,70%, Francfort 0,18%, Londres 1,06% et Milan 1,39%. A Zurich, la Bourse suisse a terminé la séance en hausse de 1,16% à 13'036,80 points.

A Wall Street, vers 16H45 GMT, le Dow Jones reculait de 0,16%, le Nasdaq de 0,29% et le S&P 500 cédait 0,07%. Les trois indices avaient ouvert en hausse.

La Bourse de New York attend une série d'indicateurs susceptibles d'éclairer les investisseurs sur l'état de l'inflation et de l'emploi aux Etats-Unis.

La publication des chiffres de l'emploi américain pour le mois de novembre, attendue mardi, avait été retardée en raison de la longue paralysie budgétaire ("shutdown") qui a touché le pays du 1er octobre au 12 novembre. Or, ces chiffres sont cruciaux pour orienter la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Les chiffres de l'inflation (CPI) sont quant à eux attendus jeudi. Un indice des prix trop élevé rendrait plus difficiles des baisses de taux, car elles peuvent elles-mêmes avoir des effets inflationnistes.

Sur le marché des changes, vers 16H45 GMT, le dollar glissait de 0,15% face à la monnaie unique, à 1,1758 dollar pour un euro.

"Cette semaine sera sans répit, avec un programme particulièrement chargé" également du côté des banques centrales, a relevé Véronique Riches-Flores, économiste de RichesFlores Research.

"Aux réunions de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque d'Angleterre (BoE) et de la Banque du Japon (BoJ), qui, déjà, suffiraient à créer d'importants remous dans le sillage" de celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) la semaine dernière, "s'ajouteront les données américaines, emploi et inflation du mois de novembre notamment", a-t-elle détaillé.

La BCE devrait maintenir ses taux d'intérêt inchangés jeudi, l'inflation apparaissant maîtrisée et l'économie résiliente dans la zone euro, tandis que de nouvelles projections économiques alimenteront la discussion sur la trajectoire monétaire future.

Côté BoJ, le marché estime que la banque centrale japonaise devrait rehausser son taux directeur d'un quart de point de pourcentage à l'issue de sa réunion de deux jours qui doit débuter jeudi.

Le yen profitait de ces anticipations, la monnaie nippone prenant 0,36% par rapport au billet vert, à 155,27 yens pour un dollar.

BASF termine dans le rouge

La direction du numéro un mondial de la chimie BASF (-1,37% à Francfort) a signé lundi un accord avec les représentants des salariés, garantissant les emplois sur son site principal en Allemagne, à Ludwigshafen (ouest), jusqu'en 2028. Le groupe a aussi annoncé des investissements, en pleine crise du secteur.

"Pendant toute la durée de l'accord, BASF s'abstiendra de tout licenciement", a déclaré le groupe allemand, qui emploie 112'000 personnes dans le monde dont environ 33'000 à Ludwigshafen.

Les actifs chiliens sous les projecteurs

Les électeurs chiliens ont élu dimanche à la tête du pays le leader d'extrême droite José Antonio Kast, qui sera le président le plus à droite du Chili depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet en 1990.

"La victoire de Kast a déjà eu un effet positif sur la valorisation des actifs chiliens, le peso chilien et l'indice boursier IPSA figurant parmi les actifs les plus performants des marchés émergents ce trimestre", a noté Thierry Larose, gérant de portefeuille chez Vontobel.

"Le Chili bénéficie actuellement de conditions d'échange très favorables, soutenues par une forte demande mondiale de cuivre et des prix du pétrole relativement bas, offrant un soutien significatif à l'économie", a-t-il rappelé.

Vers 16H45, la Bourse de Santiago perdait 0,76%, mais l'IPSA s'affichait en forte hausse de près de 54% depuis le début de l'année.

L'or frôle son record

L'or se stabilisait à 4.297 dollars l'once (31,1 g) après s'être rapproché de son record touché fin octobre, à 4.381,52 dollars.

En hausse d'environ 65% cette année, l'or "est en voie de réaliser sa meilleure performance annuelle depuis 1979", a observé Lukman Otunuga, analyste de FXTM, dans une note envoyée à l'AFP.

Le marché pétrolier est lui en petite baisse, dans l'attente des nouvelles négociations sur l'Ukraine. Vers 16H45 GMT, le baril de WTI nord-américain perdait 1,27%, à 56,71 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord 1,13%, à 60,43 dollars.

afp/cw