Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales patientent jeudi face aux nombreuses incertitudes quant à la légalité des droits de douane de Donald Trump, l'état de l'économie américaine et la paralysie budgétaire du pays, le tout en pleine saison de publication de résultats d'entreprises.

En Europe, vers 14H00, la Bourse de Paris perdait 0,55%, Francfort 0,14%, Londres 0,09% et Milan 0,08%.

A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager une ouverture en légère hausse.

Les pressions sur les marchés d'actions se sont légèrement atténuées alors que "les acheteurs à bon compte (reviennent) pour accumuler leurs actions préférées à des niveaux légèrement plus bas que les récents sommets historiques, tandis que l'attention se (déplace) vers de rares données économiques et une politique désordonnée", commente Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.

Par ailleurs, "les espoirs de mettre fin à la paralysie du gouvernement augmentent aux États-Unis, tandis qu'une éventuelle décision de la Cour suprême contre les droits de douane est désormais prise au sérieux", remarque Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.

Mme Ozkardeskaya relève en effet une certaine dose d'"incertitude, une volatilité renouvelée" sur les marchés après qu'une majorité de la Cour suprême américaine paraissait douter mercredi de la légalité d'une bonne partie des droits de douane imposés par Donald Trump, instrument majeur de la politique économique et diplomatique du président américain.

Pour l'analyste, il ne s'agit paradoxalement pas d'une bonne nouvelle pour les marchés car cela signifie "potentiellement plus de 100 milliards de dollars de remboursements que le gouvernement américain pourrait devoir à d'autres pays (...) et un déficit budgétaire plus profond".

Sur le marché de la dette, le taux d'intérêt de l'emprunt américain à échéance dix ans évoluait à 4,13% vers 14H00 contre 4,16% en clôture mercredi. Le taux à deux ans, l'échéance la plus sensible aux évolutions de la politique monétaire, s'établissait à 3,60% contre 3,63% mercredi à la clôture.

Le dollar perdait quant à lui 0,34% face à la monnaie unique, à 1,1533 dollar pour un euro.

Le secteur tech inégal

Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a averti mercredi que la Chine allait "gagner la course" au développement de l'intelligence artificielle de nouvelle génération, appelant Washington à accélérer ses efforts.

"Les investisseurs semblent avoir perçu cela comme une mauvaise nouvelle - la Chine gagnerait sans les puces Nvidia", souligne Neil Wilson.

Dans les échanges électroniques avant l'ouverture de Wall Street, Nvidia reprenait 1,60% après avoir perdu 1,75% la veille.

"Le titre subissait déjà une pression depuis que le régulateur technologique chinois avait interdit aux principales entreprises tech d'utiliser des puces Nvidia", poursuit l'analyste.

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé en hausse de 1,34% (il avait lâché jusqu'à 4% la veille). A Séoul, l'indice Kospi a regagné 0,55% après avoir dévissé d'environ 6% en cours d'échanges mercredi.

En Chine, l'indice Hang Seng, dominé par la tech, a terminé en hausse de 2,12%, tiré par le fabricant local de puces SMIC qui a grimpé de 7,32% et Alibaba a terminé en hausse de 4,10% "après que le gouvernement chinois a interdit aux centres de données financés par l'Etat d'utiliser des puces étrangères", note Mme Ozkardeskaya.

Les actifs britanniques attendent le budget

La Banque d'Angleterre (BoE) a laissé son taux directeur inchangé à 4% jeudi, à une courte majorité, face à la conjoncture économique morose du Royaume-Uni et avant la présentation du budget britannique le 26 novembre, qui devrait comprendre des hausses d'impôts.

Dans un discours prononcé mardi, la ministre des Finances Rachel Reeves a prévenu les Britanniques qu'ils devront tous "contribuer" à redresser le pays, et n'a pas exclu une augmentation de l'impôt sur le revenu ou de la TVA.

Sur le marché des changes, vers 14H00, la livre sterling prenait 0,33% par rapport au billet vert, à 1,3095 dollar pour une livre.

afp/ck