Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales naviguent à vue vendredi, les investisseurs digérant des résultats d'entreprises dont ceux des géants américains de la tech, et le virage moins accommodant de la Réserve fédérale américaine (Fed).
A Wall Street, dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 0,25%, le Nasdaq 1,17% et le S&P 500 0,64%.
En Europe, vers 14H50 GMT, Paris reculait de 0,43%, Francfort cédait 0,60%, Londres 0,58%, Milan 0,25% et Zurich 0,80%.
"Les marchés mondiaux se montrent prudents cette semaine, la Réserve fédérale (Fed) ayant tempéré les attentes concernant des baisses de taux agressives et les investisseurs réévaluant les valorisations élevées qui ont porté les géants de la tech", commente Daniela Sabin Hathorn, analyste principale des marchés pour Capital.com.
Mercredi, la Fed a réduit ses taux directeurs d'un quart de point pour la deuxième fois d'affilée, mais la décision n'a pas fait l'unanimité en son sein et son président a prévenu qu'une détente supplémentaire était "loin" d'être acquise pour la réunion de décembre.
"Il y a seulement une semaine, les marchés étaient convaincus qu'une série de baisses de taux était imminente. Cet enthousiasme s'est depuis dissipé", relève Mme Hathorn.
En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) dont l'objectif est de contenir l'inflation à 2%, a décidé jeudi de maintenir son taux de dépôt, référence de la politique monétaire, à 2%, comme depuis juillet.
En parallèle, les résultats de la semaine ont "ajouté une couche supplémentaire de volatilité", poursuit-elle.
"Apple et Amazon ont publié des résultats plus encourageants, suggérant que la demande des consommateurs et du cloud reste résiliente", note l'analyste.
L'action d'Amazon a décollé vendredi à Wall Street, le titre touchait un record. L'action s'envolait vers 14H25 GMT de 10,52%, à 246,31 dollars, soit un bond d'environ 250 milliards de dollars de sa capitalisation boursière.
Le géant du commerce et de l'informatique en ligne a porté son chiffre d'affaires à 180,2 milliards de dollars au troisième trimestre, en hausse de 13% sur un an.
Jeudi, Meta (Facebook, Instagram) avait chuté de plus de 11% à la fermeture de la place américaine, plombée par un bénéfice net en chute libre au troisième trimestre et la perspective d'investissements toujours plus massifs dans la course à l'IA générative.
"Ces résultats mettent en évidence un défi plus large: les attentes sont extrêmement élevées", explique Daniela Sabin Hathorn. "Le moindre manque à gagner ou la moindre révision de prévisions déclenche désormais une réaction disproportionnée."
Les pétrolières scrutées
Les grandes compagnies pétrolières américaines ExxonMobil et Chevron retiennent également l'attention après la publication de leurs résultats.
Les deux groupes ont subi un recul de leurs résultats au deuxième trimestre dans le sillage du reflux des cours du pétrole et du gaz naturel, mais ils sont malgré tout parvenus à dépasser les attentes du marché.
"Toutes deux sont confrontées au même défi: protéger leur rentabilité et leur discipline financière dans un contexte de baisse des prix (du brut) tout en rassurant les investisseurs sur un retour sur investissement et leurs perspectives de production", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
A Wall Street, vers 14H25 GMT, Chevron prenait 2,95%, tandis qu'Exxon restait presque stable, cédant 0,07%.
La veille, les géants du pétrole TotalEnergies (+0,69% à Paris) et Shell (-0,62% à Londres) avaient largement tiré leur épingle du jeu au troisième trimestre malgré la baisse des cours du brut, grâce à une amélioration des volumes et des marges qui ont fortement soutenu leurs bénéfices
Sur le marché du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord prenait 0,16% à 65,11 dollars et celui de son équivalent américain, le WTI, gagnait 0,26% à 60,73 dollars.
Les investisseurs patientent avant la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) dimanche.
"Les marchés s'attendent à ce que le groupe approuve une nouvelle hausse de la production de 137.000 barils par jour en décembre", affirme à l'AFP Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.
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