Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont reculé jeudi, insatisfaites de nombreux résultats trimestriels d'entreprises, en particulier des perspectives d'investissements d'une partie des géants technologiques américains.
En Europe, les Bourses de Londres (+0,04%), de Francfort (-0,02%) et de Milan (-0,09%) sont restées à l'équilibre, tandis que Paris a reculé de 0,53%. A Zurich, le SMI a cédé 0,04%.
A Wall Street, le Dow Jones a perdu 0,23%, l'indice Nasdaq a lâché 1,57% et l'indice élargi S&P 500 s'est contracté de 0,99%.
"La faiblesse observée chez Meta et Microsoft a servi de signal pour tempérer quelque peu l'enthousiasme autour de l'IA", commente auprès de l'AFP Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Les deux grands groupes américains ont publié mercredi soir des résultats mal accueillis par les investisseurs, en particulier pour Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), dont le titre a dégringolé de plus de 11% à 666,47 dollars.
"Ce qui (a) fait baisser les titres technologiques sur la séance, c'est davantage les questions qui se posent autour de la rentabilité des investissements que sur les faits, parce que c'est une saison des résultats solide", selon David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier.
Les géants technologiques sont engagés dans une course à l'IA pour laquelle ils sont prêts à dépenser chaque année des sommes de plus en plus imposantes, se rapprochant désormais des 100 milliards de dollars.
"Lorsqu'une entreprise fait beaucoup d'investissements, elle utilise davantage sa trésorerie" et les investisseurs peuvent s'attendre à moins bénéficier de la redistribution des richesses, explique M. Kruk.
"Il ne s'agit en aucun cas d'un effondrement du secteur, (...) mais plutôt d'une période de prise de bénéfices attendue depuis longtemps pour un groupe (de valeurs, ndlr) qui a connu une croissance fulgurante", note Patrick O'Hare.
Vendredi, la séance promet à nouveau d'être animée par les résultats, cette fois ceux d'Apple et Amazon, publiés jeudi après la clôture à New York, et qui ont révélé des performances trimestrielles supérieures aux attentes même si pour la marque à la pomme les ventes d'Iphone déçoivent.
- Pas d'effet Trump-Xi -
Sur le plan commercial, les investisseurs ne se sont pas montrés particulièrement enthousiastes par l'entrevue entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping.
Certes, M. Trump a qualifié l'entretien de "grand succès" et "les grandes lignes de l'accord conclu étaient largement conformes aux attentes", estime M. O'Hare.
Mais selon lui, "l'incertitude persiste quant à l'évolution de cette relation, car les deux parties, les États-Unis et la Chine, ont montré qu'elles étaient prêtes" à reprendre leur guerre commerciale "lorsqu'elles le jugeaient nécessaire".
Le chef d'Etat américain a annoncé un accord sur les terres rares, le soja et certains droits de douane liés au Fentanyl. Avec les nouvelles annonces de Pékin et Washington, les droits de douane américains sur les produits chinois sont ramenés à 47% en moyenne.
- Les banques centrales en toile de fond -
Les marchés digéraient également les décisions de politique monétaire de plusieurs banques centrales, dont les institutions américaine (Fed) et européenne (BCE).
La Fed a réduit ses taux directeurs d'un quart de point pour la deuxième fois d'affilée, une décision qui n'a toutefois pas fait l'unanimité en son sein, son président prévenant qu'une détente supplémentaire était "loin" d'être acquise pour la réunion de décembre.
La BCE a quant à elle maintenu pour la troisième fois d'affilée son principal taux directeur à 2%, au vu de "perspectives d'inflation globalement inchangée".
"Après la réunion de la Fed, cette réunion de la BCE semble plutôt discrète, globalement conforme aux attentes, sans ouvrir véritablement la voie à une baisse supplémentaire des taux l'année prochaine", commente Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier IM.
Sur le marché obligataire, le taux d'intérêt de l'emprunt américain à dix ans, s'établissait à 4,10% vers 20H50 GMT contre 4,06% mercredi en clôture et son équivalent allemand était à 2,64%, après 2,62% la veille.
Le dollar prenait 0,23% face à la monnaie unique, à 1,1572 dollar pour un euro.
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