PParis (awp/afp) - Les Bourses mondiales restent atones vendredi après la pause de Thanksgiving à Wall Street, l'enthousiasme autour d'un accord de paix en Ukraine et d'une baisse des taux aux Etats-Unis laissant place à l'attente, dans une séance à faibles volumes.

A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices s'affichaient en légère hausse après avoir été gelés en raison d'un problème technique sur le Chicago Mercantile Exchange (CME), la plus grande bourse d'échange de produits dérivés au monde dont de nombreux contrats à terme sur des indices boursiers.

Vers 13H30, le contrat à terme du Nasdaq prenait 0,23%, celui du S&P 500 0,08% quand celui du Dow Jones restait stable.

La panne sur le CME a été signalée dans la nuit de jeudi à vendredi, à 02H40 GMT. "En raison d'un problème de refroidissement dans les centres de données CyrusOne, nos marchés EBS Market & Direct sont actuellement suspendus", avait précisé le CME dans un communiqué.

Le groupe a depuis annoncé que sa plateforme EBS Market, où sont échangés des devises, avait repris ses opérations à 12H00 GMT. Les échanges sur les contrats à terme ont également repris aux environs de 13H30 GMT.

"Les échanges pourraient être plus volatils que d'habitude aujourd'hui, les marchés américains n'ouvrant que pour une demi-journée et la liquidité étant probablement réduite", au lendemain du jour férié de Thanksgiving, relève Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

En Europe, vers 13H30 GMT, la Bourse de Paris prenait 0,23%, Francfort 0,22%, Londres 0,13% et Milan 0,11%.

L'attention reste focalisée sur la Réserve fédérale américaine (Fed), en l'absence d'autres catalyseurs. "Les marchés veulent croire en une baisse des taux en décembre", affirme Stephen Innes, gérant de SPI AM.

"La probabilité d'une baisse des taux par la Fed est passée de moins de 30% à 85%, donnant au monde un peu d'air tandis que les États-Unis partaient pour Thanksgiving", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

Les investisseurs gardent également un oeil sur la guerre en Ukraine. "Il y a eu quelques titres supplémentaires concernant les discussions de paix en Ukraine, même si rien n'a été véritablement déterminant pour les marchés", note Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.

Le président russe Vladimir Poutine a affirmé jeudi que Moscou "cessera les hostilités" en Ukraine si les forces de Kiev acceptent de se retirer des territoires dont la Russie revendique l'annexion, faute de quoi l'armée russe les prendra "par la force".

Ces déclarations interviennent alors que les Etats-Unis ont présenté la semaine dernière un plan visant à mettre fin à la guerre, lancée en 2022, qui a été perçu comme largement favorable aux demandes du Kremlin. Ce texte a été amendé le week-end dernier après des consultations avec les Ukrainiens et doit désormais être présenté à Moscou.

"Pour l'instant, la fin de semaine est tranquille, mais la configuration est claire: (...) l'Europe bénéficiera d'un quelconque progrès géopolitique et les premiers vrais mouvements arriveront une fois que la liquidité américaine sera de retour", note M. Innes.

Delivery Hero s'envole

Le livreur de repas à domicile Delivery Hero grimpe de 12,54% à Francfort vers 13H30 GMT après que l'agence Bloomberg a rapporté vendredi que certains grands actionnaires - dont le fonds spéculatif Aspex - réclameraient la vente de l'entreprise ou de certaines de ses divisions.

Le pétrole attend l'Opep

Le pétrole se stabilise en attendant la prochaine réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) prévue dimanche.

"L'Opep devrait réitérer son intention de suspendre les augmentations de production" pour alléger la pression sur les prix du brut, note Mme Ozkardeskaya. Le groupe sait que "s'il veut soutenir les prix en baisse, il doit restreindre la production".

Vers 13H30 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord perdait 0,28% à 63,16 dollars.

Le WTI américain s'affichait à 59,08 dollars, en hausse de 0,73% par rapport à la clôture de la veille, un prix bloqué en raison de la panne affectant le CME, propriétaire de la plateforme sur laquelle s'effectuent les échanges des contrats à terme pour cet indice pétrolier.

afp/cw