Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux naviguent dans le rouge vendredi pour la dernière séance d'une semaine volatile, au cours de laquelle les indices ont été fragilisés par les doutes entourant les fortes valorisations du secteur de la tech et l'état de santé de l'économie américaine.

En Europe, à la clôture, la Bourse de Paris a cédé 0,18% vendredi et 2,10% sur la semaine. Francfort a reculé vendredi de 0,69%, Londres a perdu 0,55%, Milan 0,35% et Zurich a fini stable.

A New York vers 17H30 GMT, le Nasdaq se repliait de 1,55%, le Dow Jones de 0,64% et le S&P 500 de 0,93%.

La veille, le Nasdaq, qui concentre les valeurs technologiques, avait déjà perdu 1,90%.

Selon Fawad Razaqzada, analyste de StoneX, "certains analystes signalent que la montée du marché cette année, menée par l'intelligence artificielle (IA), a finalement pris fin, tandis que d'autres suggèrent que les marchés avaient besoin de se calmer de toute façon, les indices atteignant des sommets record sans avoir observé beaucoup de pause ni rencontré de nouveaux stimuli".

Pour Arnaud Morvillez, gérant chez Uzes Gestion, interrogé par l'AFP, "des poches de marché ont été très valorisées, notamment autour de l'IA, il faut que ça dégonfle, que les investisseurs prennent un peu de profits pour repartir sur des bases saines".

Moins optimiste, Lionel Melka, associé chez Swan Capital, se demande si on n'a pas atteint "un point d'inflexion". "Il y a eu une période d'exubérance ces quinze derniers jours qui commence à être un peu assainie", a indiqué le gérant à l'AFP.

"Le marché cherche actuellement à déterminer si cette perte de dynamisme est une simple consolidation liée à la prise de bénéfices ou le début d'une correction plus importante liée à la valorisation" de certains groupes, a estimé aussi Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.

Le test d'un redémarrage du mouvement pourrait être la publication des résultats de Nvidia, le chouchou des Bourses mondiales, prévue le 19 novembre. La capitalisation du concepteur américain de puces pour l'IA a atteint le chiffre faramineux de 5.000 milliards de dollars la semaine dernière. Le titre qui dépassait alors les 212 dollars s'est dégonflé depuis à 179,87 euros (-4,34% vers 17H10 GMT vendredi).

Autre point d'interrogation, l'état réel de l'économie américaine et surtout du marché du travail, alors que la paralysie budgétaire à Washington empêche toute visibilité sans publication de statistiques officielles. Ce "shutdown" a atteint vendredi son 38e jour.

Seul indicateur du jour: une confiance des consommateurs en berne pour le mois de novembre, au plus bas depuis 2022, selon l'enquête préliminaire de l'Université du Michigan.

"On commence à être dans le brouillard avec le shutdown (...) et la banque centrale (Fed) elle-même doit être ennuyée", a jugé Lionel Melka. "On ne sait pas à quel saint se vouer. Si vraiment ça va mal, on aura une baisse des taux rapide, si c'est mieux, il est possible que les taux ne baissent pas aussi vite que certains ne l'imagine", a-t-il relevé.

Eymane Cherfa, analyste de Myria AM, reste optimiste: "On a des marchés qui encaissent les nouvelles sans se fissurer pour autant. On a des ventes qui traduisent davantage une phase de digestion plutôt qu'un changement de régime."

Le Nasdaq s'acheminait toutefois, à 17H25 GMT, vers une perte de plus de 4% sur la semaine.

Dans ce contexte, le billet vert s'affichait en légère baisse de 0,23% face à la monnaie unique européenne, à 1,1576 dollar pour un euro.

Expedia décolle

La plateforme de voyage en ligne a relevé jeudi sa prévision de croissance du chiffre d'affaires pour 2025, après avoir dépassé les estimations de Wall Street pour son bénéfice au troisième trimestre, grâce à une forte demande de ses clients professionnels. L'action avançait de plus de 17% à New York.

Le pétrole remonte

Le marché pétrolier se reprend légèrement, porté par les sanctions américaines visant les groupes pétroliers russes Rosneft et Lukoil, qui commencent à produire leurs effets.

Vers 17H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord grappillait 0,28%, à 63,55 dollars, et celui de WTI américain gagnait 0,39%, à 59,66 dollars.

Le bitcoin, qui cédait presque 4% en début de séance américaine, reprenait 0,78% à 102.136 dollars.

afp/al