Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent dans le vert jeudi, avec des investisseurs qui reprennent goût aux valeurs de la tech, saluent le recul des cours du pétrole et ignorent la nouvelle escalade au Moyen-Orient comme le relèvement des taux par la Banque centrale européenne (BCE).
La Bourse de New York a ainsi ouvert en hausse, malgré un regain de tensions au Moyen-Orient.
Vers 16H30, l'indice Nasdaq, tiré par les valeurs technologiques, prenait 0,51%. L'indice élargi S&P 500 gagnait 0,38% tandis que le Dow Jones progressait de 0,56%.
La situation n'évoluait pas sur le front de la guerre Iran/Etats-Unis et le blocage du détroit d'Ormuz.
Le président américain Donald Trump a dit jeudi vouloir frapper "très fort" l'Iran et prendre le contrôle d'infrastructures pétrolières du pays, dont son principal terminal, l'île de Kharg.
Le cessez-le-feu au Moyen-Orient est désormais "pratiquement dénué de sens", a estimé pour sa part jeudi la diplomatie iranienne après une nouvelle nuit de bombardements américains se rapprochant de Téhéran, auxquels l'Iran a riposté en frappant ses voisins du Golfe et la Jordanie.
Cette nouvelle escalade n'affectait pas le prix du pétrole.
Vers 16H00, le Brent de la mer du Nord reculait même (-0,45%) à 92,68 dollars le baril. Le WTI américain suivait la même tendance (-0,32%) à 89,74 dollars le baril.
"Malgré la récente escalade, le marché continue de considérer que la situation évolue dans la bonne direction et que le risque extrême d'un scénario très défavorable (...) s'est fortement réduit", selon l'analyste Neil Wilson, de la plate-forme d'investissement Saxo.
Les Bourses en Europe dans le vert malgré la BCE
La Banque centrale européenne (BCE) a relevé jeudi de 0,25 point de pourcentage ses taux directeurs, restés inchangés depuis juillet 2025, pour contrer l'inflation liée au conflit au Moyen-Orient.
L'annonce, déjà largement anticipée par les marchés, n'a pas provoqué de réaction majeure sur les cours de Bourses.
La Bourse de Paris gagnait du terrain (+1,01%) vers 16H00, tout comme Londres (+1,04%) et Milan (+1,48%). Même le DAX à Francfort reprenait goût aux prises de risques (+0,43%).
Vers 16h44, Zurich prenait 0,8%.
L'attention des investisseurs s'est surtout portée sur les prévisions macro-économiques de la BCE.
Selon un communiqué, l'inflation devrait s'accélérer à 3% en 2026, contre 2,6% espérés plus tôt. En 2027, elle devrait également s'établir à un niveau plus élevé qu'anticipé, à 2,3%.
L'économie de la zone euro devrait croître légèrement moins que prévu, de 0,8%, contre 0,9% prévu précédemment, en mars. En 2027, la croissance devrait aussi être moins élevée que prévu, à 1,2% au lieu de 1,3%.
"La vraie surprise porte sur les prévisions économiques",d'après Patrick Barbe du fonds Neuberger selon qui le scénario est assez optimiste. "La BCE surprend par la confiance qu'elle place dans l'économique européenne".
Sur le marché obligataire, les taux d'intérêt à dix ans de la dette allemande reculait (3,02%, contre 3,07%) tout comme le rendement de la dette française à dix ans ((3,78% contre 3,84%).
Le thème de l'IA toujours central
Sur les marchés d'actions, "les valeurs technologiques et en particulier les fabricants de composants éléctroniques restent au centre de l'attention après une période de forte volatilité", souligne Fawad Razaqzada.
"La rapidité et l'ampleur des ventes récentes suggèrent que certains intervenants commencent à s'interroger sur la capacité des valorisations à continuer de progresser plus vite que les bénéfices", poursuit-il.
A Wall Street, Oracle chutait de plus de 11%, "la société devenant la dernière grande valeur liée à l'intelligence artificielle à solliciter les marchés financiers pour lever des capitaux", à savoir "20 milliards de dollars supplémentaires sous forme d'actions et de dette afin de financer ses investissements liés à l'IA", explique Neil Wilson.
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