Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales s'affichent en hausse prudente mercredi, prises entre le regain d'intérêt des investisseurs pour les valeurs technologiques et des indicateurs économiques qui inquiètent.

A Wall Street, vers 16H00 GMT, le Dow Jones cédait 0,46% quand le Nasdaq prenait 0,78% et l'indice élargi S&P 500 progressait de 0,25%.

Première capitalisation mondiale, le titre du géant américain Nvidia (cartes graphiques, services cloud...) gagnait 2,50%, poursuivant sa course aux records, après l'annonce que son patron Jensen Huang fait finalement partie de la délégation qui accompagne Donald Trump à Pékin.

"Si de telles personnalités font le déplacement, c'est probablement qu'un accord économique et stratégique est déjà largement ficelé, peut-être même depuis longtemps", a estimé l'analyste Antoine Andreani, chef de la recherche chez XTB France.

"Le marché continue clairement de privilégier le scénario d'un apaisement stratégique et d'un nouvel accord structurant entre les Etats-Unis et la Chine", a-t-il ajouté.

"Cela déclenche une vague d'optimisme", a également souligné Andrea Tueni, responsable des activités de marché de Saxo Banque.

Le spécialiste des semi-conducteurs Micron progressait de 3,00% et le groupe ON Semiconductor Corporation s'envolait de 10,57%. Le géant des microprocesseurs Arm Holdings gagnait 5,23%.

En l'absence de nouveaux développements géopolitiques au Moyen-Orient, "les marchés d'actions sont dans un autre univers, tout est dirigé par les capex (les dépenses d'investissement, NDLR) de l'intelligence artificielle" (IA), a expliqué Célia Levy, directrice des gestions obligataires de Delubac AM.

En Europe, la Bourse de Paris a clôturé sur un gain de 0,35%, Francfort a pris 0,76%, Milan 1,00% et Londres 0,58%.

Le secteur de la technologie et de l'IA était également à la fête sur le Vieux Continent. Le champion européen des microprocesseurs STMicroelectronics a terminé sur un bond de 9,79% et Soitec a grimpé de 7,71%.

A Francfort, Infineon s'est envolé de 10,70%. A Amsterdam, le géant néerlandais de la technologie ASML a gagné 4,83%. ASM International a pris 4,75%.

L'inflation tempère l'enthousiasme

Des indicateurs économiques aux Etats-Unis ont cependant tempéré l'enthousiasme sur les marchés d'actions.

L'indice des prix à la production (PPI) a bondi en avril aux Etats-Unis, à +6% sur un an contre +4,3% en mars, selon des données publiées mercredi, augurant de fortes tensions futures sur les prix payés par les consommateurs.

L'inflation au stade des entreprises a pris au dépourvu les marchés qui l'attendaient bien inférieure. D'un mois sur l'autre, l'indice progresse de 1,4% en avril, après 0,7% en mars. C'est le rythme d'augmentation le plus élevé depuis mars 2022, à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

"Cela suggère que la hausse des coûts énergétiques et les droits de douane ont un impact important sur les prix à mesure que nous avançons dans le deuxième trimestre", a expliqué Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

En réaction, sur les marchés de la dette, le rendement de l'emprunt américain à échéance 10 ans a augmenté, s'établissant à 4,48%, un plus haut niveau depuis juillet 2025, contre 4,46% mardi à la clôture.

"Les données américaines sur l'inflation publiées cette semaine (...) rendront presque impossible toute baisse de taux de la Fed (la banque centrale américaine, NDLR) dans un avenir prévisible", a jugé Mme Brooks.

Dans ce contexte, le dollar prenait 0,23% face à la monnaie unique européenne, à 1,1711 dollar pour un euro vers 16H00 GMT.

Le pétrole se stabilise

Les cours du pétrole stagnent à leurs hauts niveaux, "alors que le marché attend la prochaine étape dans l'impasse entre les Etats-Unis et l'Iran", ont relevé les analystes de DNB.

Vers 16H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du brut, reculait de 1,04% à 106,65 dollars. Celui du WTI, son équivalent américain, restait à plat (+0,01%) à 102,19 dollars.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a pourtant alerté à l'approche de l'été sur le scénario d'un marché pétrolier "en déficit" pour des mois et de nouvelles flambées de prix.

"Plus de dix semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, les pertes croissantes d'approvisionnement dans le détroit d'Ormuz épuisent les stocks mondiaux de pétrole à un rythme record", a averti l'AIE mercredi dans son rapport mensuel sur les marchés pétroliers.

afp/jh