Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales hésitent lundi dans un climat d'aversion au risque, dans la dernière ligne droite avant la fin de l'année 2025, tandis que que les métaux précieux bouillonnent.
Vers 13h00 GMT, la Bourse de Paris prenait 0,11% quand Francfort cédait 0,12%, Londres 0,05% et Milan 0,24%. Les places européennes avaient ouvert en timide hausse.
A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager une ouverture en petite baisse.
"La dernière semaine d'échanges de 2025 a commencé, et pour l'instant, aucun 'rallye de Noël' (la hausse habituelle des actifs lors des cinq dernières sessions de l'année, ndlr) en vue", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
"Les investisseurs se détournent des valeurs technologiques, et les contrats à terme américains reculent, les 'sept magnifiques'", les plus fortes valorisations boursières du monde, "étant sous pression à l'approche de la fin d'année", poursuit-elle.
Les valeurs technologiques américaines reculent dans les échanges électroniques avant l'ouverture de Wall Street, signe d'un "climat général d'aversion au risque", souligne Kathleen Brooks. Alphabet, la maison mère de Google, cédait 0,51%, Nvidia reculait de 1,11% et Tesla de 1,17%.
Par ailleurs, les volumes d'échanges restent faibles entre Noël et Nouvel An.
"Les investisseurs ont pour la plupart clôturé leurs livres de négoce pour cette année", note Andreas Lipkow, analyste indépendant.
Vente massive d'argent après un record
"L'argent chute fortement alors que les métaux précieux reculent après avoir touché des sommets historiques", relève Mme Brooks.
L'argent avait dépassé lundi le seuil symbolique des 80 dollars l'once pour la première fois de son histoire, grimpant jusqu'à 84 dollars au début des échanges asiatiques avant de fortement reculer.
Vers 13h00 GMT, l'once d'argent perdait 4,48% à 75,71 dollars l'once.
"La vague de ventes a été amplifiée par une série de publications sur X, dont une d'Elon Musk évoquant les nouvelles restrictions chinoises sur les exportations d'argent" et leur impact sur l'économie, explique Kathleen Brooks.
L'argent profite en effet du boum de l'IA et de la transition énergétique.
"Les panneaux solaires, les véhicules électriques, l'électronique avancée et les réseaux électriques ne fonctionnent pas sans la conductivité de l'argent", rappelle Stephen Innes, analyste chez SPI AM.
"Le prix a réagi de la seule manière possible lorsque la réalité physique se heurte à l'effet de levier financier", poursuit-il: les prix de l'argent se sont envolés d'environ 165% depuis début janvier.
Le cuivre au sommet
Au même moment, le cuivre a atteint un nouveau record historique sur le London Metal Exchange (LME) lundi, à 12'960 dollars la tonne. Il évoluait à 12'403 dollars la tonne vers 13h00 GMT.
"L'électrification et la construction d'infrastructures dont les décideurs parlent au futur entrent en collision avec des chaînes d'approvisionnement qui n'ont jamais été reconstruites après des décennies de sous-investissement", relève Stephen Innes.
De son côté, l'once d'or perdait 1,65% à 4458,59 dollars, après avoir touché vendredi un nouveau record historique à plus de 4549 dollars l'once.
Les valeurs minières profitent des prix records lundi. A Londres où le secteur est très représenté, vers 13h00 GMT, Anglo American gagnait 1,26%, Glencore 1,85% et Fresnillo 1,50%.
Prises de bénéfices sur la défense
Les valeurs de la défense reculent en Europe, entre prises de bénéfices et discussions pour trouver un accord de paix en Ukraine.
Les Etats-Unis ont proposé à l'Ukraine des garanties de sécurité "solides" pour une période de 15 ans prolongeable face à la Russie, a annoncé lundi Volodymyr Zelensky, ajoutant avoir demandé à Washington une durée plus longue à l'occasion de sa rencontre dimanche avec Donald Trump.
Vers 13h00 GMT, à Milan, Leonardo perdait 3,60%. A Francfort, Hensoldt cédait 1,71%, Rheinmetall 2,34% et Renk 1,84%.
Malgré le contexte ukrainien, les prix du pétrole brut s'affichaient en petite hausse lundi, profitant d'un regain d'optimisme sur la solidité de la demande chinoise d'or noir, après que Pékin s'est engagé à élargir sa base de dépenses publiques en 2026.
Vers 13h00 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 2,41% à 62,10 dollars, et le WTI gagnait 2,61% à 58,22 dollars.
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