Paris (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux évoluent prudemment mardi, l'oeil sur la publication d'indicateurs macroéconomiques déterminants pour la politique monétaire en Europe et aux Etats-Unis.

Sur le Vieux Continent, vers 12H20 GMT, Paris prenait 0,28%, Londres 0,30%, Francfort 0,59% et Milan 0,54%.

Les acteurs du marché digèrent la publication d'une inflation à 2,2% sur un an en novembre, contre 2,1% le mois précédent. C'est un peu plus que ce qu'escomptaient les analystes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur un maintien de l'inflation à 2,1%.

En Asie, Tokyo est resté stable (+0,00%). Shanghai (-0,42%) et Hong Kong (+0,24%) ont fini dispersés.

A New York, les contrats à terme sur les principaux indices laissaient présager une ouverture en légère hausse.

Aux Etats-Unis, les investisseurs observeront mercredi le rapport mensuel sur les créations d'emplois dans le secteur privé pour la même période, puis, vendredi, la très attendue inflation pour le mois de septembre.

Les acteurs du marché tenteront de déceler dans ces données les signes qui pourraient justifier une baisse des taux de la banque centrale américaine (Fed) lors de sa réunion des 9 et 10 décembre.

"L'espoir est que l'inflation ralentisse en même temps que l'économie américaine", ce qui permettrait à la Fed de disposer de marges de manoeuvre pour assouplir sa politique, selon Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Ils font massivement le pari d'un recul de 0,25 point de pourcentage. Cet optimisme a fait grimper les Bourses mondiales la semaine passée. Mais le doute a repris du terrain en début de cette semaine.

Le baromètre ISM publié lundi a déjà montré que l'activité manufacturière avait continué à se contracter le mois dernier aux Etats-Unis.

La publication de plusieurs indicateurs américains clés a été retardée en raison de la paralysie budgétaire ("shutdown") de 43 jours qui a touché les Etats-Unis et certaines données ne verront jamais le jour.

Côté changes, le dollar restait stable (+0,01%) face à l'euro, à 1,1612 dollar pour un euro.

Autre point d'attention des investisseurs: les inquiétudes sur les valorisations de l'intelligence artificielle.

Un article du Financial Times a rapporté mardi que les fonds de pension britanniques avaient réduit leur exposition aux actions américaines, en raison des craintes croissantes de bulle sur le secteur et des valorisations trop importantes des géants de la tech.

"Cela pourrait indiquer que l'écart de valorisation entre les États-Unis et les autres pays pourrait commencer à se réduire", relève Kathleen Brooks, analyste pour XTB.

Pause dans la chute du bitcoin, le pétrole prudent

Après avoir dégringolé de 5% lundi, le bitcoin, pénalisé par le climat d'aversion pour le risque qui plombe les actifs les plus volatiles, tente de se reprendre, prenant 1,04% à 86.446 dollars.

Le marché pétrolier évolue prudemment, scrutant la rencontre prévue plus tard dans la journée à Moscou entre Steve Witkoff et Vladimir Poutine dans le cadre de négociations pour mettre un terme à la guerre en Ukraine.

Vers 12H10 GMT, le baril de WTI nord-américain cédait 0,27%, à 59,32 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord 0,40%, à 63,17 dollars.

Bayer bondit

Le géant de l'agrochimie bondissait vers 12H20 GMT de 11,52%, à 33,96 euros, à Francfort, après une victoire d'étape dans l'affaire du glyphosate aux États-Unis, où un avocat général recommande que la Cour suprême examine un jugement défavorable à Bayer, ouvrant la voie à une décision de principe.

Selon Goldman Sachs, ce serait une étape majeure pour tourner la page des litiges, ce que Bayer cherche à obtenir en 2026.

afp/jh