Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluaient prudemment vendredi, en l'absence de catalyseur immédiat, les investisseurs gardant un oeil attentif sur le contexte géopolitique tout en se positionnant à l'approche du pic de la saison des résultats.
En Europe, la Bourse de Paris a clôturé sur un repli de 0,65%, Francfort a perdu 0,22%, Milan 0,11% et Zurich 0,47%, quand Londres a terminé à l'équilibre (-0,04%).
Les Bourses européennes ont terminé la semaine sans grand optimisme face au contexte géopolitique en Ukraine et en l'absence de catalyseurs économiques avant le coup d'envoi de la saison des résultats sur le Vieux continent.
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a annoncé vendredi que les écoles de la capitale ukrainienne seraient fermées jusqu'au 1er février, en pleine crise causée par de récents bombardements russes qui ont entraîné des coupures de chauffage et de courant massives.
Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour Mirabaud France, évoque par ailleurs un mouvement de "rotation" d'actifs. "Comme l'Europe a surperformé les marchés américains" depuis le début de l'année, "on redonne plus de confiance aux Etats-Unis, en défaveur des marchés européens", explique-t-il.
A Wall Street, les indices américains restaient plus optimistes, profitant des performances du secteur technologique après les solides résultats du géant taïwanais TSMC.
Vers 17H00 GMT, le Dow Jones glanait 0,06%, l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 0,21% et l'indice élargi S&P 500 0,19%.
"La ruée vers les technologies s'estompe et se nuance", relève Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM, qui note une préférence marquée pour les +enablers+ (fournisseurs d'infrastructure) plutôt que les +adopters+ (utilisateurs finaux) dans l'écosystème technologique".
A Wall Street, les grands noms du secteur comme Nvidia (+0,37%), Micron Technology (+5,39%), AMD (+2,02%) ou Broadcom (+1,38%) restaient sereins.
La défense européenne dans le vert
"Les actions de la défense ont fortement progressé dans un contexte de tensions accrues liées au conflit entre la Russie et l'Ukraine", relève Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
A Paris, Thales a terminé en hausse de 2,55% et Dassault Aviation de 2,53%. A Francfort, Renk a gagné 2,18% et Hensoldt 3,17%. A Londres, BAE Systems s'est octroyé 2,30%. A Milan, Leonardo a pris 1,72%.
Les investisseurs gardent également un oeil sur le Groenland, Copenhague ayant obtenu jeudi l'envoi d'une mission militaire européenne sur le territoire autonome danois convoité par le président américain Donald Trump, qui a fait savoir que ce déploiement n'avait "aucun impact" sur son "objectif".
L'énergie allemande en forme
Siemens Energy (+6,32% à Francfort) et RWE (+1,46%) ont clôturé dans le vert, portés par l'annonce par le gouvernement allemand de sa stratégie sur les centrales électriques.
L'Allemagne a annoncé jeudi après la fermeture des Bourses européennes avoir obtenu l'accord de principe de la Commission européenne pour pouvoir construire de nouvelles centrales électriques au gaz sans déroger aux règles européennes ni à ses objectifs de neutralité climatique à l'horizon 2045.
Les minières sous pression
"Les valeurs minières ont subi des pertes notables", avec des poids lourds tels qu'Anglo American (-2,41%), Rio Tinto (-1,87%) et Antofagasta (-2,86%) terminant en berne à Londres, relève Patrick Munnelly.
"Les inquiétudes liées à un affaiblissement de la demande de cuivre en Chine, premier consommateur mondial de ce métal, ont alimenté la baisse", explique-t-il.
Le secteur des métaux précieux a également souffert, le cours de l'or refluant, "des données économiques américaines solides ayant réduit les espoirs de baisses imminentes des taux d'intérêt de la Réserve fédérale" (Fed), poursuit-il.
Vers 17H00 GMT, l'once d'or perdait 0,51% à 4.592,70 dollars.
Le pétrole interrompt sa baisse
Les cours du pétrole rebondissent légèrement vendredi après avoir chuté la veille, le risque d'une intervention américaine contre l'Iran persistant, malgré un ton plus conciliant de la part de Washington.
"Les intentions réelles de Washington restent difficiles à interpréter", rappelle Derren Nathan, responsable de la recherche actions chez Hargreaves Lansdown. "Le risque de perturbations de la production iranienne et des principales voies d'approvisionnement devrait continuer à maintenir les marchés sous tension jusqu'à ce que davantage de clarté émerge."
Vers 17H00 GMT, le baril de WTI nord-américain prenait 1,20% à 59,90 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 1,19% à 64,52 dollars.
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