Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluaient en recul mardi dans l'attente d'un indicateur d'inflation aux Etats-Unis. Les investisseurs gardaient en parallèle un oeil sur les menaces judiciaires qui pèsent sur le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell.

En Europe, la Bourse de Paris cédait 0,52%. Francfort perdait 0,12%, Londres 0,07% et Milan 0,21%. Peu après 13h40, la Bourse suisse en faisait de même, son indice phare SMI perdant 0,54%.

Les contrats à terme portant sur les principaux indices américains présageaient d'une ouverture en légère baisse.

Le principal rendez-vous de la séance est la publication de l'indice d'inflation CPI aux Etats-Unis pour le mois de décembre. Les données représenteront "un indicateur clair de ce que la Réserve fédérale américaine devrait faire cette année et du nombre de baisses de taux à prévoir", relève Kathleen Brooks, de XTB.

La Fed est aussi sous le feu des projecteurs en raison des menaces judiciaires qui pèsent sur son président, Jerome Powell, qui a rendu publique dimanche une procédure lancée à son encontre par le ministère américain de la Justice. Des personnalités américaines de tous bords ont défendu lundi avec force l'indépendance de la banque centrale des Etats-Unis, selon elles menacée par une tentative de déstabilisation inédite du gouvernement Trump, ce qui explique la réaction mesurée des marchés financiers.

Ses prédécesseurs ont dénoncé une instrumentalisation de la justice "sans précédent" visant à "saper l'indépendance" de l'institution. Une telle démarche "n'a pas sa place aux Etats-Unis", ont affirmé dans un communiqué Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen, associés à d'autres personnalités économiques de premier plan.

Pour Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank, les marchés résistent surtout en raison de "l'opposition de plusieurs sénateurs républicains à l'initiative de Trump, ce qui soulève des doutes quant au succès de toute tentative visant à affaiblir l'indépendance de la Fed." "Les enjeux sont trop élevés pour fermer les yeux: si la Réserve fédérale perd son indépendance, la stabilité de nos marchés et de l'économie dans son ensemble en souffrira", a écrit la sénatrice de l'Alaska Lisa Murkowski sur X. Comme son collègue Tom Tillis, elle prévient qu'elle n'adoubera aucun candidat de Donald Trump à un poste au sommet de la Fed tant que cette affaire perdurera.

Le président de la Fed "s'est défendu et a clairement indiqué que ces accusations avaient davantage à voir avec la frustration de Trump face au fait que la Fed ne baisse pas les taux d'intérêt au rythme qu'il souhaite - un rythme qui servirait mieux ses ambitions politiques", souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

L'or et l'argent au sommet

Les métaux précieux se stabilisaient à un haut niveau, après avoir bondi la veille à de nouveaux sommets. "Outre les inquiétudes croissantes des investisseurs concernant une possible dépréciation monétaire et une inflation future", ces hausses des cours s'expliquent aussi "par l'incertitude géopolitique persistante", relève Jim Reid.

Donald Trump a menacé lundi les partenaires commerciaux de l'Iran de sanctions douanières au moment où, selon une ONG, le bilan de la répression des manifestations contre le pouvoir dépasse les 600 morts. Selon la Maison Blanche, des frappes aériennes pour mettre fin à la répression du mouvement sont toujours sur la table.

Après avoir touché lundi son plus haut historique à plus de 4630 dollars l'once, l'or atteignait 4590 dollars vers 13h00. L'once d'argent valait 85,10 dollars.

Le pétrole évoluait en hausse: le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,77% à 63,87 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 1,88% à 59,50 dollars.

Games Workshop recule à Londres

Le britannique Games Workshop, connu pour ses célèbres figurines Warhammer, perd près de 3% à la Bourse de Londres, après la publication de résultats positifs pour le premier semestre de son exercice décalé, mais qui montrent toutefois que les revenus issus de l'exploitation de ses licences ont fondu de près de moitié sur la période.

afp/vj