Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux ont terminé sans fanfare vendredi, le ralentissement de l'inflation aux Etats-Unis n'ayant pas provoqué d'enthousiasme durable parmi les investisseurs, tandis que les craintes autour de l'intelligence artificielle ne faiblissent pas.
A Wall Street, le Dow Jones a pris 0,10%, l'indice Nasdaq a reculé de 0,22% et l'indice élargi S&P 500 a grappillé 0,05%. Sur la semaine, Wall Street a fini dans le rouge.
En Europe, Paris a perdu 0,35%, Francfort a grappillé 0,25% et Londres 0,42%. Milan a cédé 1,71%. A Zurich, le SMI a avancé de 0,52%.
Les Etats-Unis ont débuté l'année avec une hausse des prix à la consommation (CPI) de 2,4% sur un an en janvier contre 2,7% le mois précédent, une décélération un peu plus forte que ce que prévoyaient les analystes.
Cet indicateur, publié quelques jours après les chiffres officiels de l'emploi, était scruté par les investisseurs, qui tentent d'anticiper la politique monétaire future de la Réserve fédérale américaine (Fed). Plus la hausse des prix est faible, plus l'institution a des marges de manoeuvre pour baisser ses taux.
D'un côté, cette accalmie allège quelque peu la crainte d'une hausse des prix hors de contrôle, qui appellerait à un resserrement monétaire.
Mais de l'autre, "le niveau d'inflation n'a pas diminué de manière suffisamment marquée pour relancer immédiatement les discussions sur une baisse des taux d'intérêt à court terme", souligne Bernd Weidensteiner, de Commerzbank.
Et "les tensions sur les prix qui persistent en toile de fond tempèrent l'optimisme", relève Josh Jammer, stratégiste chez ClearBridge Investments, qui cite notamment la croissance de l'inflation des "services hors logement".
A la suite de la publication de ces données, les attentes sur le calendrier des futures détentes monétaires de la Fed ont évolué seulement à la marge, selon l'outil de veille CME FedWatch.
Dans ce contexte, le rendement à échéance dix ans de l'emprunt américain atteignait 4,05% vers 21H45 GMT, au plus bas depuis décembre. Le dollar était sans mouvement (+0,02%) face à l'euro, à 1,1869 dollar pour un euro.
Les craintes autour de l'IA persistent
Au-delà des considérations macroéconomiques, "les marchés semblent actuellement beaucoup plus préoccupés par les possibilités de perturbation liées à l'intelligence artificielle dans un large éventail de secteurs", estime Chris Zaccarelli, de Northlight Asset Management.
Les éditeurs de logiciels, les assurances, les entreprises d'analyse de données ou encore les agences de notations ont subi des revers boursiers ces dernières semaines pour ces raisons.
Ce "mouvement fait tache d'huile et touche maintenant le secteur bancaire", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac. "D'autant que ces titres ont fortement grimpé ces dernières années", ce "qui encourage aujourd'hui les prises de bénéfices".
Les banques ont reculé vendredi en Europe, dans la foulée de leurs homologues américaines la veille. Société Générale a ainsi perdu 5,42% à Paris et Commerzbank a reculé de 5,43% et Deutsche Bank 4,02% à Francfort.
A Madrid, Banco Santander a perdu 2,56% et à Londres, Barclays a cédé 2,16%. A Milan, Unicredit a perdu 3,79%.
Rivian en trombe
Le constructeur de véhicules électriques Rivian s'est envolé après la publication de ses performances trimestrielles. Il prévoit un bond d'environ 50% du nombre de livraisons de ses véhicules cette année, par rapport à 2025. Ses résultats du trimestre passé ont aussi été au-dessus des anticipations.
A New York, le titre a gagné 26,64% à 17,73 dollars.
Le pétrole se stabilise, l'or remonte un peu
Après un net repli la veille, les cours du pétrole sont resté atones vendredi: le baril du brut WTI nord-américain a grappillé 0,08% à 62,89 dollars et celui du Brent de la mer du Nord a pris 0,34% à 67,75 dollars.
En baisse également jeudi, les métaux précieux remontaient la pente. L'once d'or (31,1 g) gagnait 2,41%, à 5.041,40 dollars, tandis que celle d'argent prenait 2,78%, à 77,38 dollars.
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