Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales sont sous pression mercredi dans un contexte de tensions après les menaces de droits de douane du président américain Donald Trump contre les pays européens opposés à son projet d'annexion du Groenland.

Vers 09H30 GMT, la Bourse de Paris (-0,02%) et celle de Londres (-0,05%) restaient à l'équilibre quand Francfort perdait 0,28% et Milan 0,36%.

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a reculé de 0,40% en clôture. La Bourse de Séoul a résisté (+0,49%), mais Taipei a lâché 1,62% et Sydney 0,37%.

"Les marchés financiers sont plus calmes ce matin, même si les actions européennes restent dans le rouge", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

Les marchés restent "sous pression", explique Patrick Munnelly, de Tickmill Group, "le sentiment des investisseurs a été davantage ébranlé par l'annonce du président Trump concernant l'imposition de droits de douane aux pays européens ayant rejeté sa proposition d'achat du Groenland."

Le président américain est attendu à Davos mercredi pour un face-à-face électrique avec les dirigeants européens, alors que sa volonté d'annexer le Groenland menace de faire éclater l'alliance transatlantique.

Interrogé sur les extrémités jusqu'auxquelles il était prêt à aller pour en prendre le contrôle aux dépens du Danemark, membre de l'Otan, il répondu: "vous verrez bien".

Il a accentué la pression en menaçant d'imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu'à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l'Europe à menacer les Etats-Unis de représailles.

La France veut un "exercice de l'Otan" au Groenland et est "prête à y contribuer", a indiqué mercredi l'Elysée.

Plusieurs pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, ont déjà envoyé du personnel militaire sur ce territoire pour une mission de reconnaissance en vue d'un exercice danois organisé avec des alliés de l'Otan, mais en dehors du cadre de l'Alliance atlantique et donc sans l'implication des Etats-Unis.

Les rendements de référence à 10 ans en Europe ont d'abord augmenté avant une accalmie "sur fond de fissures croissantes entre les membres européens confrontés à un traitement différencié de la part des États-Unis (...), seuls quelques pays étant soumis à de nouveaux droits de douane, et pas tous", note Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

Vers 09H30 GMT, le rendement de l'emprunt allemand, référence en Europe, était de 2,84%, contre 2,86% à la clôture mardi.

L'accalmie sur le marché obligataire (...) contribue à réduire la volatilité", poursuit Mme Brooks.

L'or au sommet

"Les décisions politiques erratiques du président au cours des premières semaines de l'année ont déclenché une ruée vers l'or, valeur refuge, qui a atteint un nouveau record mercredi à 4.888,42 dollars l'once, relève Kathleen Brooks.

Vers 09H30 GMT, l'once d'or gagnait 1,95% à 4.856,51 dollars.

"Nous nous attendons à ce que les actions évoluent sans tendance marquée et que l'or reste à des niveaux élevés (...) dans l'attente du discours de Donald Trump", poursuit Mme Brooks.

La dette japonaise sous les projecteurs

Les rendements des obligations souveraines japonaises reculaient mercredi, reprenant leur souffle après s'être envolés la veille à des niveaux records.

"Les obligations japonaises ont fortement rebondi après une violente vague de ventes qui s'était propagée à l'ensemble des marchés obligataires mondiaux", souligne Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

La perspective des allègements fiscaux (suppression d'une taxe sur les ventes de produits alimentaires) promis par la Première ministre Sanae Takaichi, à trois semaines d'élections anticipées au Japon, avive les craintes de dérapage budgétaire dans un pays déjà lourdement endetté.

Les taux à 30 ans retombaient mercredi à 3,70%, contre un pic historique à 3,85% la veille. Les taux à dix ans glissaient à 2,277% après s'être hissés mardi à 2,343%.

afp/jh