Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux ont terminé en nette hausse jeudi, portés par des résultats d'entreprises et quelque peu tranquillisés par la baisse des prix du pétrole, qui a détendu les coûts d'emprunt.
A New York, le Nasdaq (+0,89%) et le S&P 500 (+1,02%) ont réalisé leur meilleur mois depuis 2020, affichant un rendement de respectivement 15% et 10% sur la période.
Le Dow Jones a lui gagné 1,62% jeudi.
Avant le week-end prolongé du 1er-Mai, Paris a progressé (+0,53%), tout comme Francfort (+1,41%), Londres (+1,62%) et Milan (+0,82%). A Zurich, le SMI a terminé en hausse de 0,80%.
Cette dynamique "tient en grande partie aux bénéfices des entreprises, nous avons vu les sociétés dépasser les attentes" sur ce point, juge auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, d'Edward Jones.
Une nouvelle série de performances trimestrielles a été digérée jeudi. Parmi les grands gagnants, Alphabet, maison mère de Google, a pris 9,97%, soit environ 400 milliards de dollars de valorisation gagnés.
Le marché a été enthousiasmé par son trimestre étincelant - le bénéfice net a pratiquement doublé -, montrant que son élan dans la déferlante IA ne se démentait pas.
"Alphabet coche toutes les bonnes cases, avec des perspectives de monétisation des investissements dans l'intelligence artificielle", décrypte auprès de l'AFP Kevin Thozet, analyste de marché pour la société française de gestion d'actifs Carmignac.
En revanche, Meta (-8,55%) a été sanctionné pour son intention d'augmenter le rythme de ses colossales dépenses d'investissement, qui devraient atteindre entre 125 et 145 milliards de dollars cette année.
Autres grands noms technologiques, Microsoft (-3,93%) et Amazon (+0,77%) ont connu un accueil moins mouvementé de leurs résultats.
De même pour Apple (-0,99% dans les échanges après clôture).
- Montagnes russes pour le pétrole -
Sur le marché pétrolier, la séance a été en dents de scie.
Le baril de West Texas Intermediate a reculé de 1,69% à 105,07 dollars.
Le Brent de la mer du Nord a perdu 3,41% à 114,01 dollars après avoir atteint jusqu'à 126,41 dollars quelques heures plus tôt, un plus haut depuis le début de la guerre en Ukraine.
Pour John Kilduff, d'Again Capital, il s'agit surtout de mouvements techniques, liés à des prises de positions d'investisseurs et à l'expiration d'un contrat du Brent, les cours du pétrole étant calculés via des échéances de livraison.
Le relatif apaisement du côté des prix a en tout cas fait dégringoler les taux obligataires.
Vers 21H00 GMT, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain se détendait à 4,37%, contre 4,43% la veille.
Le rendement du "Bund" allemand sur dix ans, référence européenne, passait à 3,04% contre 3,10% un jour avant. Son équivalent français suivait le même mouvement (3,70% contre 3,78%).
Les investisseurs ont aussi suivi de nouvelles réunions monétaires, de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Angleterre (BoE).
Ces institutions ont maintenu leurs taux inchangés, tout en mettant en garde sur les risques inflationnistes posés par le conflit au Moyen-Orient.
- Le yen reprend des forces grâce à une intervention -
Sur le marché des changes, le yen a fortement rebondi, porté par des informations de presse mentionnant une intervention de soutien de la monnaie par les autorités japonaises.
Après un bref passage au-delà des 160 yens pour un dollar américain, la devise a ainsi retrouvé des niveaux proches de 156-157, soit une hausse d'environ 2,5% face au dollar sur la séance.
Selon les analystes de Monex USA, la devise nippone, en recul depuis un an, a encore plus souffert avec la guerre au Moyen-Orient, qui est venue perturber l'approvisionnement énergétique du Japon, très dépendant des hydrocarbures importés.
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