Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux ont terminé en hausse vendredi, dans une séance marquée par des records en clôture en Europe et à Wall Street, l'emploi américain ayant par ailleurs confirmé les attentes sur les baisses de taux aux Etats-Unis.

Ces records en Europe sont alimentés "par un secteur des semi-conducteurs recherché en ce début d'année, en lien avec l'essor de l'intelligence artificielle (IA), mais aussi grâce à la surperformance de la défense, la géopolitique ayant rejailli avec le sujet Maduro", explique Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM.

L'indice vedette parisien CAC 40 a terminé en nette hausse de 1,44%, signant un nouveau record en clôture, à 8.362,09 points.

Le Dax de la Bourse de Francfort a conclu en hausse de 0,53%, battant lui aussi son pic historique (à 25.261,64 points), atteint la veille, tout comme le FTSE 100 de Londres qui a clôturé en progression de 0,80% (à 10.124,60 points), dépassant son record du 6 janvier. A Zurich, le SMI a gagné 0,53%.

Depuis le début de l'année, ASML a déjà gagné 20,09%, ASM International 17,39%, BE Semiconductor Industries 12,97%, Infineon 10,12% et STMicroelectronics 10,05%.

Du côté de la défense, les six premières séances boursières de 2026 ont permis à Saab de s'envoler de près de 30% déjà, Hensoldt a bondi de près de 25%, Rheinmetall de 21,72%, BAE Systems de 20,54% ou encore Leonardo, qui a gagné 18,96%.

A Wall Street, l'indice élargi S&P 500 (+0,65%) et le Dow Jones (+0,48%) ont tous les deux touché de nouveaux records en clôture, terminant respectivement à 6.966,28 points et 49.504,07 points. L'indice Nasdaq a avancé de 0,81%.

L'emploi américain en demi-teinte

Le principal rendez-vous économique de la séance, mais aussi de la semaine, a été la publication du rapport sur le marché de l'emploi en décembre aux États-Unis.

Les Etats-Unis ont créé 50.000 emplois le mois dernier, soit moins qu'anticipé par les analystes.

Mais le taux de chômage a, lui, légèrement baissé, à 4,4% en décembre. Il était plus élevé en novembre, à 4,5% (taux révisé en baisse).

Ces chiffres sont "mitigés", remarque auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, d'Edward Jones. "Mais ils ont renforcé l'hypothèse selon laquelle la Fed (banque centrale américaine, ndlr) procédera à des baisses graduelles des taux en 2026 cette année."

Les acteurs du marché attendent deux réductions des taux d'intérêt en 2026, selon l'outil de veille CME FedWatch.

Un assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les perspectives de bénéfices des entreprises, d'où l'optimisme de Wall Street.

Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt américain restait quasiment stable par rapport à la veille en clôture, à 4,16% vers 21H40 contre 4,17% jeudi.

Selon M. Kourkafas, les acteurs du marché attendent désormais des nouvelles de l'inflation aux Etats-Unis, dont l'indice des prix à la consommation (CPI) pour le mois de décembre qui doit être publié mardi.

Côté changes, le billet vert prenait 0,23% face à la monnaie unique européenne, à 1,1632 dollar pour un euro.

Le pétrole monte encore

Les cours du pétrole ont nettement progressé vendredi, soutenus pour la deuxième séance d'affilée par les manifestations en Iran et la crainte d'une rupture en approvisionnement d'or noir du pays.

Le prix du baril de Brent a pris 2,18% à 63,34 dollars. Le West Texas Intermediate a gagné 2,36% à 59,12 dollars, au plus haut depuis un mois.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a averti vendredi que son pays ne "reculerait pas" face à une vague de contestation qui prend de l'ampleur et défie la République islamique, en place depuis 1979.

"La situation s'aggrave et constitue une menace pour l'approvisionnement" mondial, assure auprès de l'AFP John Kilduff, d'Again Capital.

L'Iran est un producteur important de pétrole, avec environ 3,2 millions de barils par jour, selon les dernières données disponibles publiées par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

afp/rp