Paris (awp/afp) - Les Bourses saluent la baisse du pétrole en Europe et aux États-Unis, sauf le Nasdaq des valeurs technologiques à New York qui encaisse le recul d'un de ses géants de la tech, Broadcom.

Le violent mouvement de vente des titres du fabricant américain de semi-conducteurs, puces et logiciels (-13,54% au Nasdaq vers 16h00 GMT) a entraîné un recul sectoriel qui a aussi touché ses rivaux européens, le franco-italien STMicroelectronics à Paris (-2,58 à 66,72 euros) et Infineon à Francfort (-3,35%, 85,05 euros).

Broadcom a été sanctionné par le marché en raison du maintien par le groupe de ses objectifs annuels alors que les investisseurs espéraient un relèvement.

"Cela montre à quel point les marchés intègrent des croissances gigantesques", explique à l'AFP Alexandre Baradez, responsable de l'analyse de marché pour IG France. "Le marché ne tolère pas le moindre grain de sable".

Vers 16h30 GMT, le Nasdaq ne reculait que légèrement (-0,10%) également plombé par le recul d'AMD (Micro-processeurs et cartes graphiques, -3,74%). Les deux autres indices progressaient (S&P500 +0,39% et Dow Jones +1,83%).

A part Tesla (-0,85%) et Apple à l'équilibre, les valeurs des "sept magnifiques" de la technologie continuaient de progresser (Microsoft, Meta, Amazon, Nvidia et Alphabet +3,63%).

Le mouvement de défiance envers Broadcom a profité aux fabricants traditionnels de logiciels (SAP +5,49% à 164,50 euros à Francfort, Dassault Systèmes +5,94% à 20,16 euros à Paris).

A Paris, la rotation des valeurs a également souri à CapGemini (+5,94%), en tête avec Dassault Systèmes du palmarès des meilleures performances du CAC 40 (+1,15% au total).

A Francfort, le DAX a également progressé (+0,60%) porté par SAP et par la biotech Qiagen (+5,34%).

Milan a également progressé (+0,27%), entre la belle performance de la société de diagnostic médical Diasorin (+6,99% après un article sur son possible rachat) et le recul de la pétrolière ENI (-0,17%).

Même scénario à Londres (+0,27%) où British Petroleum (BP) a reculé de 0,15% avec la chute du pétrole.

Recul du brut même sans bonne nouvelle au Moyen-Orient

Le brut a reculé malgré l'absence d'espoir d'une réouverture prochaine du détroit d'Ormuz, qui bloque 20% de la consommation mondiale, ce qui provoque un "choc d'offre" inflationniste.

Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a assuré jeudi que les États-Unis et Israël avaient subi un "revers cuisant" dans la guerre contre son pays, au moment où les négociations de paix entre Washington et Téhéran butent notamment sur la question du Liban.

Vers 16h00 GMT, le Brent de la mer du Nord baissait de près de 3% (-2,94%) à 94,93 dollars le baril, de même que le WTI américain (-3,30% à 92,85 dollars le baril).

"Le fait que le seuil des 100 dollars le baril "n'ait pas été franchi montre que le marché reste patient", relève Kathleen Brooks, analyste pour la plate-forme d'investissement XTB.

"La crise pétrolière assombrit les perspectives de croissance mondiale et conduit Fitch à revoir ses prévisions à la baisse. En conséquence, l'agence a abaissé sa prévision de croissance mondiale pour 2026 de 0,2 point de pourcentage, à 2,4 %", a cependant indiqué l'agence de notation Fitch.

Les taux se détendent

Aux États-Unis comme en Europe, les taux d'emprunts des États et des entreprises se détendaient mais remontaient légèrement en Europe vers 16h30 GMT sur le marché obligataire.

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans s'établissaient à 4,46% contre 4,49% la veille.

En Europe, le "Bund" allemand à dix ans affichait un rendement de 3,02% contre 3,03%. Son équivalent français affichait 3,66% contre 3,67%.

En Europe, les investisseurs ont déjà intégré la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de relever ses taux lors de la prochaine réunion de son directoire le 11 juin.

Sur le marché des devises, l'euro remontait face au dollar (+0,28%) à 1,1629 dollar pour un euro, contre 1,1569 la veille.

afp/lf